Bayonne : une femme condamnée pour harcèlement obsessionnel sur son ex
Bayonne : harcèlement obsessionnel, une femme incarcérée

Un mandat de dépôt avec incarcération immédiate a été prononcé par le tribunal judiciaire de Bayonne à l'encontre d'une femme de 34 ans, pour harcèlement contre son ex-compagnon et sa nouvelle compagne, ce lundi 11 mai. « Pendant quatre ans, j'ai subi ce harcèlement, avec une absence totale de culpabilité de madame », a commenté la victime à la barre.

Une attitude surprenante à l'audience

L'attitude de la prévenue, peu commune dans une salle d'audience, a surpris tout le monde. Elle rigolait et souriait beaucoup, se recoiffait sans cesse, s'autorisait à mettre sa chaussure sur le banc des prévenus pour remettre son lacet, se retournait régulièrement vers l'audience, interrompait les juges et leur tournait le dos. Recadrée, elle a expliqué son comportement par « le stress ».

Un harcèlement intense et prolongé

La trentenaire n'a pas supporté la rupture avec son ex-compagnon, avec qui elle a entretenu une brève relation. Elle n'a jamais voulu couper les ponts, au point de le harceler nuit et jour, en lui envoyant des milliers de messages, en l'appelant et en se rendant à son domicile ou sur son lieu de travail. Jusqu'à 700 SMS et appels par jour ont été recensés, une quantité colossale qui témoigne de l'ampleur du harcèlement.

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L'homme a dû changer de numéro, mais cela n'a pas suffi. Elle venait sonner chez lui en pleine nuit ou prenait des rendez-vous médicaux auprès de ce médecin. Elle est allée jusqu'à le menacer de lui « couper les coui**** ». Dix jours d'ITT ont été prescrits pour l'homme et quatre jours pour sa compagne, en raison du retentissement psychologique.

Une personnalité « abandonnique »

« Reconnaissez-vous les faits ? », a questionné la juge. La jeune femme a souri et s'est tournée vers son avocat avant de répondre : « Oui je reconnais et je m'en excuse », a-t-elle lâché du bout des lèvres, après réflexion, les mains tordues derrière le dos. Malgré ses 34 ans, son comportement est enfantin. Une expertise psychologique a fait état d'une personnalité « abandonnique », avec une « immaturité » et un caractère « impulsif », « incapable de gérer ses émotions ».

Elle a déjà été condamnée six fois, notamment pour des appels malveillants et des menaces de mort. La procureure Fanny Fournier s'est appuyée sur une expertise psychiatrique, soulignant la « dangerosité psychiatrique » de la prévenue, en raison de son trouble de la personnalité.

« Je ne permets pas qu'on dise ça sur moi, je suis tout à fait normale », a-t-elle répondu à la barre. Pour qu'elle « sorte de ce cycle » et de son « obsession », le ministère public a requis deux ans de prison dont six mois ferme, avec mandat de dépôt.

La défense et le verdict

L'avocat de la défense, Me Christophe Desprez, a d'emblée demandé aux juges « d'excuser l'attitude » de sa cliente. « Il n'y a jamais eu de harcèlement contre la nouvelle compagne », a-t-il enchaîné. « Oui je ne l'ai jamais harcelée, c'est abusé, je m'en fous d'elle », a coupé la prévenue. « Taisez-vous ! Cela ne vous aide pas ! », a fini par lâcher son avocat. Celui-ci a déroulé un contexte de séparation qu'elle a « très mal vécu », notamment à travers le « sentiment d'abandon » dont elle souffre.

Les juges l'ont condamnée à un an de prison ferme, avec mandat de dépôt. Une interdiction d'entrer en contact avec les victimes a été prononcée.

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