Une mère de famille blessée par une balle perdue à Grasse
Samedi 30 mai, peu avant 23 heures, un coup de feu a retenti dans la cité des Fleurs de Grasse, anciennement appelée La Blaquière. Alors qu'un ou plusieurs individus poursuivaient un adolescent, vraisemblablement dans le cadre d'un trafic de stupéfiants, une balle perdue a traversé la fenêtre d'un appartement et a touché une mère de famille de 43 ans à la cuisse, alors qu'elle se trouvait dans sa cuisine. La victime a été rapidement prise en charge par les pompiers et ses jours ne sont pas en danger.
Un écho tragique à l'assassinat d'Ayoub
Cet incident rappelle un drame survenu dans le même quartier le 24 septembre 2025, lorsque Ayoub, 15 ans, avait été exécuté au pistolet 9 mm dans le cadre d'une guerre entre bandes pour le contrôle des points de deal. L'auteur et le commanditaire présumés de ce meurtre ont été interpellés et placés en détention provisoire, mais le trafic de stupéfiants continue de prospérer, avec des guetteurs et vendeurs opérant à ciel ouvert, créant un climat anxiogène pour les résidents.
L'opposition municipale monte au créneau
Yamina Ghalouni, conseillère municipale d'opposition du groupe Grasse pour tous, s'est indignée de cette nouvelle violence : « L'horreur a de nouveau frappé le quartier. Les habitants ne peuvent accepter que ces activités illicites se déroulent sous les yeux de tous, sans que des réponses suffisamment efficaces soient apportées immédiatement. » Elle dénonce un « délabrement généralisé, le manque d'entretien des bâtiments et des espaces publics, et une insécurité chronique », et interpelle les autorités : « Que font la mairie, les services de l'État et l'ensemble des autorités ? »
L'élue critique également le maire LR Jérôme Viaud, qui a évoqué son souhait de raser le quartier. Selon elle, ces mots ont été vécus comme une remise en cause du lieu de vie, de l'histoire et de la dignité des habitants, alors que le quartier est « encore vivant, riche de ses habitants, de son histoire et de ses solidarités ».
Le maire défend son projet de restructuration
Jérôme Viaud, de son côté, assure les habitants de son soutien et condamne fermement l'acte de violence : « Aucun habitant ne devrait voir sa vie mise en danger dans son propre domicile. » Il persiste dans son projet de démolition et de restructuration complète du quartier, avec relogement des 542 habitants, création d'une coulée verte, réalisation d'équipements publics modernes et construction de logements socialement mixtes répondant aux exigences environnementales. Il estime que cette transformation est la seule solution pour mettre fin à la spirale de violence et de délinquance.
Demande de renforts policiers
Face au narcotrafic qui gangrène la cité des Fleurs, le maire a interpellé le ministre de l'Intérieur pour obtenir neuf policiers nationaux supplémentaires. Il se félicite du travail conjoint des polices municipale et nationale, mais reconnaît que cela ne suffit pas encore, comme le prouve le coup de feu de samedi, qui n'a donné lieu à aucune interpellation à ce jour.



