Attentat de Nice : 10 ans après, les jeunes victimes témoignent
Attentat de Nice : 10 ans après, les jeunes victimes

Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui a fait 86 morts et des centaines de blessés, les adolescents de l'époque, devenus adultes, témoignent de leur difficile reconstruction. « Nous n'avons pas de guide pour survivre à ça », confie l'une d'elles, soulignant l'absence de modèles pour surmonter un tel traumatisme.

Un traumatisme sans précédent

Le soir du 14 juillet 2016, un camion a foncé dans la foule sur la Promenade des Anglais. Parmi les victimes, de nombreux jeunes et adolescents venus assister au feu d'artifice. Aujourd'hui, ces jeunes adultes doivent composer avec des séquelles psychologiques durables. Selon une étude menée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 40% des victimes directes présentent encore des symptômes de stress post-traumatique dix ans après les faits.

Un manque de soutien spécifique

Les témoignages recueillis par Libération révèlent un sentiment d'abandon. « Il n'y a pas de structure pour nous aider à grandir après ça », déplore une jeune femme de 24 ans, qui avait 14 ans au moment de l'attentat. Les associations de victimes, comme l'association Promenade des Anges, tentent de combler ce vide, mais les moyens restent limités. « Nous avons besoin de psychologues formés aux traumatismes de masse chez les jeunes », insiste son président.

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Des parcours de vie bouleversés

Plusieurs jeunes racontent comment l'attentat a influencé leurs choix de vie. Certains ont développé une hypervigilance, d'autres ont du mal à faire confiance. « Je ne peux plus aller dans les foules, j'ai des crises d'angoisse à chaque feu d'artifice », explique un étudiant de 22 ans. D'autres ont choisi des métiers en lien avec la psychologie ou la sécurité, pour tenter de donner un sens à leur expérience.

La nécessité d'une reconnaissance

Les victimes réclament une meilleure reconnaissance de leur statut. « On nous considère comme des victimes, mais on oublie que nous étions des enfants », souligne une autre témoin. Le gouvernement a mis en place un fonds d'indemnisation, mais les démarches administratives restent lourdes. « Il faut simplifier les procédures pour les jeunes victimes », estime un avocat spécialisé.

Un devoir de mémoire

À l'approche du dixième anniversaire, une cérémonie est prévue sur la Promenade des Anglais. Les jeunes victimes souhaitent que leur voix soit entendue. « Nous ne voulons pas être réduits à ce traumatisme, mais nous voulons que l'on sache ce que nous avons vécu », conclut l'une d'elles. L'enjeu est aussi de préparer l'avenir : comment aider les futures générations à faire face à de tels événements ?

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