Le 13 mai 2026, vers 15 heures, une septuagénaire domiciliée dans le Gard a été victime d'une escroquerie particulièrement bien orchestrée. Pendant plus de trois heures, des individus se faisant passer pour des policiers l'ont maintenue au téléphone avant de la convaincre de déplacer tous ses biens de valeur dans sa voiture. Le préjudice est estimé à 17 500 euros. Une enquête est en cours.
Trois heures d'emprise téléphonique
Mireille (le prénom a été modifié), 79 ans, ne pensait jamais pouvoir être victime d'une telle escroquerie. Ce jour-là, seule à son domicile, elle reçoit un appel sur son téléphone fixe. Un homme se présente comme un policier, le ton grave. Il lui affirme qu'elle est en danger, que des individus s'intéressent à elle et qu'il est impératif qu'elle suive ses instructions. « Ils m'ont dit que c'était très sérieux, qu'il fallait que je fasse exactement ce qu'ils me demandaient. Ils ont tout fait pour me faire peur », raconte-t-elle.
L'appel dure plus de trois heures, durant lesquelles les escrocs ne lui laissent aucun répit, l'empêchant de réfléchir et l'isolant de ses proches. « Je voulais appeler mes enfants, mais ils me répondaient que ce n'était pas la peine, qu'ils venaient déjà de les prévenir. Ils avaient toujours réponse à tout. À force je ne savais plus quoi penser », explique-t-elle.
Un butin de 17 500 euros
Sous pression, elle finit par perdre tous ses repères. Les faux policiers lui demandent alors de sortir tous les objets de valeur présents dans la maison : bijoux, espèces et pièces d'or. « Au bout de trois heures, je ne savais plus ce que je faisais. J'ai fait tout ce qu'ils me demandaient », confie-t-elle.
Elle rassemble une dizaine de pièces d'or estimées à environ 750 euros chacune, 5 000 euros en liquide, ainsi que plusieurs bijoux d'une valeur d'environ 5 000 euros. Les escrocs lui demandent ensuite de déposer le tout dans sa voiture, stationnée devant la maison, en laissant les portières déverrouillées et le portail ouvert. La septuagénaire ne verra jamais les voleurs. Restée à l'intérieur de son domicile, elle ignore le moment précis où ils viennent récupérer le butin. Puis l'appel s'interrompt.
« Quand ils ont raccroché, toute la pression est retombée d'un coup. C'est là que j'ai compris. Je me suis dit : "mais qu'est-ce que j'ai fait ?" » Sous le choc, elle contacte immédiatement sa belle-sœur, qui l'accompagne au commissariat. Les policiers lui expliquent que ce mode opératoire est désormais bien connu et qu'il cible principalement les personnes âgées. Le lendemain, elle dépose officiellement plainte. Des policiers se rendent à son domicile pour effectuer des relevés d'empreintes sur le véhicule. Depuis, elle est sans nouvelles de l'enquête.
Un phénomène en hausse
« Ils ont profité de mon âge et de ma peur », déplore-t-elle, plus marquée par le sentiment de culpabilité que par la perte financière. Selon le ministère de l'Intérieur, les services de sécurité ont enregistré en 2025 280 500 atteintes aux biens commises à l'aide d'un outil numérique, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024.
Les forces de l'ordre rappellent qu'aucun policier ne demandera jamais à un particulier de sortir son argent, ses bijoux ou tout autre objet de valeur, ni de les déposer dans un véhicule. En cas d'appel suspect, il est recommandé de raccrocher immédiatement et de contacter soi-même la police ou la gendarmerie.



