À deux semaines de la Fête de la musique et à quelques jours du Mondial de foot, les autorités niçoises sont sous pression. Ces rendez-vous seront placés sous surveillance après les incidents enregistrés dans plusieurs villes de France, notamment à Nice, lors des célébrations de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Sur TikTok, certains comptes appellent déjà à un match retour et à provoquer de nouveaux débordements. « La Ligue des champions, c’était l’échauffement ; Fête de la musique, on remet ça », indique un post sur le réseau social, liké par 18 500 personnes.
Des précédents inquiétants
Le soir du sacre européen du club parisien, le 30 mai, plusieurs groupes de jeunes s’étaient rassemblés dans le centre-ville de Nice et de Cannes. Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, ces attroupements ont perturbé la circulation et donné lieu à des jets de feux d’artifice et de mortiers, dont certains en direction des policiers. Les forces de l’ordre sont intervenues pour contenir les rassemblements et sécuriser les principaux axes. Du mobilier urbain, des terrasses et des rideaux de magasins ont été pris pour cible. Une foule de plusieurs centaines de jeunes a déferlé sur l’avenue Jean-Médecin, contraignant une patrouille de police à reculer. Un mineur interpellé et placé en garde à vue sera jugé en novembre et fait l’objet de mesures éducatives.
Un bilan national lourd
À l’échelle nationale, les célébrations du premier titre européen du PSG ont été marquées par de nombreux incidents. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état de plus de 890 interpellations au cours du week-end. Deux décès ont également été recensés à Paris. Selon le parquet de Paris, un homme né en 1997 est décédé après avoir sauté dans la Seine dans le 5e arrondissement. Un second homme a été retrouvé dans le fleuve au niveau du pont Louis-Philippe le lendemain matin. Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les circonstances exactes de ces décès.
L’inquiétude du syndicat Alliance
À l’approche de la Coupe du monde et de la Fête de la musique, le syndicat Alliance Police nationale appelle à la vigilance. Son président, Fabien Vanhemelryck, estime que les forces de l’ordre sont confrontées à une répétition des violences lors des grands rassemblements. « Les collègues ont subi la foudre ce soir-là. Ils le vivent régulièrement. Mes collègues n’en peuvent plus, les citoyens n’en peuvent plus », souligne-t-il. Il considère que les violences urbaines deviennent récurrentes et compliquent le travail des effectifs.
Julien Hauskhnecht, délégué du syndicat Alliance dans les Alpes-Maritimes, dénonce « le désert des renforts ». Revenant sur la visite du ministre de l’Intérieur, il affirme qu’entre les départs et les arrivées, seuls treize policiers supplémentaires sont affectés au département. « Pour un département comme le nôtre, c’est ridicule. On nous vend les renforts par la réserve civile, que je salue, mais qui ne comble pas le travail des enquêteurs. On nous vend des renforts CRS, que je salue, mais en présentiel ils ne sont que de passage. » Ces « trop maigres renforts » ne seront pas suffisants pour absorber le risque, insiste-t-il, faute d’effectifs pour anticiper. « Cela nous annonce un été très compliqué. »
Un dispositif de sécurité renforcé
Alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues de Nice pour la Fête de la musique et ponctuellement pour les matchs de la Coupe du monde, les services de l’État et les forces de sécurité devraient renforcer leur présence afin de prévenir tout débordement et d’assurer le bon déroulement des festivités. Interrogée, la Direction départementale de la police nationale indique simplement qu’un dispositif adapté sera mis en place pour chaque événement.



