Alors que les actes antisémites explosent en France, avec une hausse de 74% en 2023 selon le ministère de l'Intérieur, les élites intellectuelles et diplômées continuent de se dérober à leur devoir de condamnation claire. Cette attitude, dénoncée par plusieurs observateurs, révèle une forme de lâcheté morale qui aggrave le phénomène.
Un silence assourdissant
Depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, les actes antisémites se multiplient : tags, agressions, propos haineux. Pourtant, les grandes voix du monde académique, culturel et médiatique peinent à s'élever avec la vigueur nécessaire. Comme le souligne le philosophe Raphaël Enthoven, « ce qui frappe, c'est l'absence de réaction proportionnée à la menace ». Ce silence, selon lui, n'est pas neutre : il laisse le champ libre aux radicaux.
Une responsabilité historique
Les intellectuels français ont une longue tradition d'engagement contre l'antisémitisme, de Zola à Camus. Mais aujourd'hui, beaucoup choisissent la prudence, craignant d'être accusés d'islamophobie ou de soutien inconditionnel à Israël. « On assiste à une dérobade des consciences diplômées », écrit le journaliste Philippe Val. Cette attitude est d'autant plus préoccupante que l'antisémitisme n'est plus le fait des seuls extrémistes d'extrême droite, mais aussi de milieux islamistes et d'une partie de l'extrême gauche.
Le rôle des universités
Dans les universités, la situation est particulièrement alarmante. Des étudiants juifs rapportent des intimidations et un climat hostile. Selon une enquête de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), 40% des étudiants juifs ont subi des actes antisémites en 2023. Pourtant, les directions d'université tardent à réagir. « Nous demandons des mesures concrètes, pas des déclarations d'intention », déclare le président de l'UEJF, Samuel Lejoyeux.
Un appel à la responsabilité
Face à cette situation, plusieurs personnalités appellent à un sursaut. « L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est un crime », rappelle le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi. Il en appelle à la responsabilité des élites pour briser le cycle de l'indifférence. La question est désormais de savoir si les consciences diplômées sauront sortir de leur silence avant qu'il ne soit trop tard.



