L'eurodéputée RN Anne-Sophie Frigout a été agressée le 8 mai dernier dans le quartier Wilson à Reims (Marne) alors qu'elle répondait aux questions d'un journaliste de CNews. L'élue d'opposition a déposé plainte ce lundi 12 mai, et le Parquet de Reims a ouvert une enquête pour outrages et violences sur personne chargée d'une mission de service public.
Une agression sous tension
Alors qu'elle souhaitait alerter sur la disparition des services publics dans ce secteur jugé difficile, notamment avec la fermeture de la maison de quartier, l'ambiance a rapidement basculé. « Je portais un micro-cravate. J'ai été reconnue suite aux municipales », confie-t-elle. Des insultes ont fusé, dont « Sale p***, C'est toi qui étais candidate ». La situation a dégénéré lorsque des projectiles, dont des bouteilles en plastique pleines, ont été lancés vers sa tête. L'élue a été aspergée de liquide et a dû prendre la fuite avec le journaliste. « On m'a empêchée d'exercer mon activité d'élue », déplore-t-elle, estimant que la violence aurait pu être « beaucoup plus grave » si l'équipe n'avait pas quitté les lieux précipitamment.
Une plainte déposée et une enquête ouverte
Ce lundi 12 mai, Anne-Sophie Frigout a officiellement déposé plainte. Le Parquet de Reims a ouvert une enquête pour outrages et violences sur personne chargée d'une mission de service public. Aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade, mais les vidéos du journaliste de CNews pourraient fournir de nouveaux éléments. Au lendemain de sa plainte, l'élue fustige l'« hypocrisie » des autorités locales qui nieraient l'ampleur du trafic de drogue dans le quartier Croix-Rouge. « J'en ai marre de ces élus qui mettent la poussière sous le tapis. Wilson est devenu un bastion pour ces bandes qui se croient toutes permises », déclare-t-elle.
Des réactions politiques
Pour l'eurodéputée, la solution passe par un renforcement de la présence policière. Elle suggère la création d'une brigade canine de la police nationale. « J'espère qu'il y aura une réaction pour apaiser ce qui passe dans le quartier, ce n'est pas normal d'avoir un point de deal à proximité d'une école », martèle-t-elle. Le maire de Reims, Arnaud Robinet, n'a pas souhaité faire de déclaration particulière à ce stade de l'enquête, mais a réagi en précisant : « Il est intolérable que Madame Frigout ait été agressée et potentiellement ciblée en tant qu'élue du RN ». L'élu socialiste Éric Quénard, conseiller municipal d'opposition, a rappelé que « la violence n'a pas sa place dans le débat public. Je la condamne avec force d'où qu'elle vienne. Mais gardons-nous bien de stigmatiser nos quartiers populaires. »



