Angers : un couple condamné à détruire une partie de sa maison pour une erreur cadastrale
Angers : couple doit détruire partie maison pour erreur cadastrale

Un drame immobilier à Angers pour une erreur cadastrale historique

Le tribunal judiciaire d'Angers, dans le Maine-et-Loire, a rendu une décision lourde de conséquences pour un couple de retraités de Trélazé. Les propriétaires ont été condamnés à détruire une partie significative de leur maison, une portion qui, selon la loi, ne leur appartient pas légalement. Cette parcelle litigieuse se trouve au cœur même de la bâtisse que Didier et Maryline occupent depuis leur acquisition en 1981, comme le rapporte Ouest-France.

Une acquisition progressive devenue cauchemar juridique

En 1981, alors âgés de 18 ans, Didier et Maryline ont fait l'acquisition de cette propriété ancienne qu'ils ont patiemment rénovée au fil des années. Neuf ans plus tard, en 1990, ils ont complété leur bien en achetant deux parcelles mitoyennes : une construction abritant un clapier et le chemin qui séparait les deux bâtiments. C'est précisément ce chemin, d'une superficie de 10 mètres carrés, qui est à l'origine du contentieux actuel.

La situation s'est compliquée en 2015, au décès de leur voisine, lorsqu'il est apparu que cette surface n'était pas correctement enregistrée au cadastre. Une erreur d'un géomètre, ayant omis cette partie lors des relevés officiels, a créé une situation où le couple n'avait jamais officiellement acquis cette parcelle. Le nouveau propriétaire des lieux a alors exigé la restitution de son bien et a engagé une procédure judiciaire en 2018.

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Des travaux transformateurs et une condamnation sévère

Entre-temps, d'importants travaux réalisés au cours des décennies avaient métamorphosé cette parcelle située entre les deux bâtiments. Elle est devenue une véritable extension de la maison, abritant désormais une cuisine et des toilettes. C'est précisément cette extension que la justice a ordonné de détruire dans un délai de six mois.

La condamnation est particulièrement lourde pour le couple de retraités. En plus de devoir procéder à la destruction de cette partie de leur habitation, ils doivent verser 17.000 euros au plaignant. L'incompréhension est d'autant plus grande que la commune avait délivré un permis de construire pour ces travaux d'extension, validant ainsi officiellement les transformations réalisées.

Des tentatives de négociation infructueuses

Le voisin, contacté par Ouest-France, a évoqué quatre tentatives de négociation à l'amiable pour résoudre ce différend immobilier. Cependant, Didier conteste cette version des faits et affirme que son voisin proposait de lui vendre la surface litigieuse pour un montant financièrement inaccessible pour le couple de retraités.

Cette affaire met en lumière les conséquences dramatiques que peuvent avoir des erreurs administratives vieilles de plusieurs décennies. Pour Didier et Maryline, qui ont investi temps, argent et passion dans cette maison pendant plus de quarante ans, cette décision judiciaire représente un véritable déchirement personnel et financier.

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