Justice Affaire Lyhanna : Andréa Bescond placée en garde à vue lors d’une manifestation à Paris, ce que l’on sait
À l’initiative de la mobilisation pour dénoncer les manquements de la justice dans l’affaire Lyhanna, la réalisatrice et comédienne Andréa Bescond a passé une nuit en garde à vue, avant d’être libérée dans la matinée ce mardi 9 juin. Par Service Actu Publié le 9 juin 2026 à 14h14, mis à jour le 9 juin 2026 à 14h45 Lecture : 2 min.
La comédienne Andréa Bescond à Paris, lors d’une manifestation pour dénoncer les manquements de la justice dans l’affaire Lyhanna, le 8 juin 2026. ADNAN FARZAT/NURPHOTO VIA AFP
Pour la réalisatrice des « Chatouilles », Andréa Bescond, le rassemblement devant le ministère de la Justice en hommage à Lyhanna lundi 8 juin s’est terminé par une interpellation. La comédienne, engagée contre les violences sexuelles faites aux enfants, a été placée en garde à vue dans la nuit.
Un rassemblement non-violent
Connue pour ses « posts noirs » sur Instagram, dans lesquels elle recense les affaires de violences sexuelles et de pédocriminalité, Andréa Bescond était, aux côtés d’autres associations, à l’initiative de la mobilisation place Vendôme.
Des « coups de pied dans la jambe »
Après que la comédienne a passé la nuit en cellule, sa garde à vue a été levée ce mardi 9 juin au matin, a-t-elle précisé sur Instagram. Dans sa publication, Andréa Bescond raconte avoir été « surprise » de « se retrouver nez à nez avec ces gros boucliers qui nous poussaient alors que nous faisions un rassemblement non violent depuis deux heures ». Elle s’est émue de cette « étrange réaction » de la part des services de police. « Mais tout va bien, j’ai passé la nuit en cellule avec des jeunes filles adorables », a poursuivi la comédienne, ironisant : « Pensées émues pour tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue. »
Selon « le Parisien », Andréa Bescond a été interpellée pour « attroupement après sommation de dispersion », « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « rébellion ». Elle serait accusée d’avoir « poussé et frappé à plusieurs reprises » des policiers « au moment du refoulement et la dispersion ». « Le Parisien » précise que la comédienne aurait « résisté à son interpellation » en se débattant et aurait « donné des coups de pied dans la jambe » d’un policier. « Le Parisien » assure que le parquet de Paris a été avisé et que la réalisatrice sera convoquée ultérieurement.
« Laissez vivre la colère populaire »
Auprès de « Libération », Suzanne Frugier, secrétaire générale de l’association Mouv’Enfants, a dénoncé un « scandale ». « On laisse les pédocriminels en liberté et on embarque les survivant.e.s qui s’engagent pour la protection des enfants », a-t-elle aussi réagi dans une publication sur Instagram. « On ne fera pas taire cette colère à coups de matraque, de nasse et de garde à vue. Libérez Andréa Bescond. Laissez vivre la colère populaire. Donnez des moyens à la justice. Protégez les enfants », a de son côté écrit Lyes Louffok, militant pour les droits des enfants.
Plus de 60 000 personnes ont manifesté lundi soir en France, dont 2 900 à Paris, pour exprimer leur colère après le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, pour lequel un homme visé par plusieurs plaintes pour viol est mis en cause, a annoncé ce mardi le ministère de l’Intérieur. Plus précisément, 60 400 personnes ont manifesté en France lors de 216 rassemblements, a ajouté la Place-Beauvau.
À Paris, il y a eu deux rassemblements, l’un place Vendôme devant le ministère de la Justice, qui avait été interdit par la Préfecture de Police, et l’autre place Paul-Lépine devant la cour d’appel de Paris, lieu autorisé par la Préfecture. Le meurtre dans le Gers de Lyhanna a déclenché une vague d’émotion et de colère dans le pays, après la révélation du dépôt de plusieurs plaintes visant le suspect Jérôme B. dont l’une pour viol déposée en août 2025 et pour laquelle il n’avait pas été interpellé. Par Service Actu



