Des hommes violés durant l'enfance racontent leur amnésie traumatique
Ils ont subi des violences sexuelles lorsqu'ils étaient enfants, mais leur mémoire a effacé l'indicible. Pendant des années, ces hommes ont vécu sans se souvenir de l'agression. Aujourd'hui, ils racontent leur amnésie traumatique, faite de flashs, de sensations et d'images oppressantes.
Le bleu, couleur omniprésente et oppressante
Pour l'un d'eux, le souvenir est revenu par fragments. « J'ai des flashs, des sensations. La couleur bleue est omniprésente et oppressante », confie-t-il. Cette couleur, associée à l'eau et au maître-nageur, a été le déclencheur de la remémoration. « L'image du maître-nageur est arrivée assez vite », ajoute-t-il.
Un mécanisme de protection psychique
L'amnésie traumatique est un mécanisme de défense de l'esprit face à un événement insoutenable. Le cerveau refoule le souvenir pour protéger l'individu. Mais ces souvenirs enfouis peuvent ressurgir des années plus tard, souvent déclenchés par un stimulus sensoriel : une odeur, une couleur, un son.
Les témoignages recueillis montrent la diversité des expériences. Certains ont eu des cauchemars récurrents, d'autres des douleurs physiques inexplicables. Pour beaucoup, la révélation a été un choc, mais aussi une libération.
Un parcours difficile vers la guérison
Reconstruire son histoire après une amnésie traumatique est un chemin semé d'embûches. Les victimes doivent faire face à la réalité des faits, souvent avec l'aide d'un thérapeute. La parole se libère peu à peu, et avec elle, la possibilité de se reconstruire.
Ces hommes brisent aujourd'hui le silence pour aider d'autres victimes à reconnaître les signes de l'amnésie traumatique et à oser demander de l'aide.



