Un conflit de voisinage dégénère en menace armée à Alès
Un habitant d'Alès, dans le Gard, âgé de 31 ans, a été jugé en comparution immédiate ce lundi 9 mars 2026 pour avoir terrorisé ses deux voisines avec des armes à feu. L'affaire, qui a débuté par une simple dispute concernant le bruit, a pris une tournure dramatique lorsque le prévenu a brandi un fusil en direction de leur appartement.
Des scènes de terreur répétées
Le 6 mars, en début d'après-midi, l'une des colocataires, installée sur l'esplanade de Clavières, a vu par le judas son voisin armer un fusil et le pointer vers son logement. "Elle s'est immédiatement réfugiée derrière son canapé et a appelé la police", rapporte l'avocat des victimes, Me Joris Numa. Les forces de l'ordre sont intervenues en moins de dix minutes.
Cette agression n'était malheureusement pas la première. Fin février, l'autre colocataire avait déjà été confrontée au même individu, qui manipulait des munitions avec un fusil à ses côtés, toujours à propos de nuisances sonores présumées.
La découverte d'une plantation de cannabis
Lors de l'interpellation, les policiers ont perquisitionné le domicile du trentenaire. Outre deux armes à feu et des cartouches, ils ont découvert plus de 600 grammes d'herbe de cannabis ainsi que "tout un attirail pour faire pousser de la drogue", comme l'a précisé la présidente du tribunal, Claire Sarode.
Le prévenu a reconnu que cette production était destinée à sa consommation personnelle, mais qu'il en vendait également une partie pour "payer les factures d'électricité".
Des excuses jugées insuffisantes
À la barre, l'homme, sous contrôle judiciaire et visiblement mal à l'aise, a présenté ses excuses : "Mon cerveau était enfumé. Je regrette tous mes choix. Je ne voulais pas faire de mal à mes voisines. Je m'excuse. Je veux passer à autre chose dans ma vie. Arrêter ces conneries."
Mais la présidente a noté que ses actions visaient clairement à "faire peur, impressionner, traumatiser". L'homme a alors expliqué qu'il voulait "montrer les muscles, qu'il y avait un chasseur dans le bâtiment, qu'il ne fallait pas me faire chier".
Un réquisitoire sévère
Cindy Fernandez, la substitut du procureur, a souligné la gravité des faits et requis deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire. La peine comprend également une obligation de soins psychologiques, une interdiction de contacter les victimes et de se rendre à leur domicile.
"Les excuses ne vont pas suffire", a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que le prévenu "fait acte de contrition".
Une défense qui plaide la proportionnalité
L'avocat de la défense, Me Gilbert Bekale, a estimé que "les propositions faites par Madame le procureur sont proportionnées" et n'a pas cherché à alourdir les débats, affirmant que son client "n'est pas violent".
Verdict du tribunal
Le tribunal a suivi quasiment à la lettre les réquisitions du parquet. La seule différence concerne l'interdiction de détenir une arme, fixée à dix ans au lieu des cinq demandés par le procureur. La peine est aménageable et aucun mandat de dépôt n'a été requis.
Ce voisin violent, qui souhaite désormais déménager et est déjà retourné vivre chez son père, devra assumer les conséquences de ses actes tout en bénéficiant d'un accompagnement pour sa réinsertion.



