La plainte pénale pour viol déposée par Lyhanna, une jeune femme de 24 ans, contre le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a été classée sans suite par le parquet de Paris. Cette décision, rendue publique le 24 février 2023, met fin à une procédure qui avait suscité une vive controverse politique et médiatique.
Les faits reprochés
Lyhanna accusait Gérald Darmanin de l'avoir violée en 2009, alors qu'elle était âgée de 17 ans et lui 27 ans. Les faits auraient eu lieu dans un hôtel parisien après une rencontre sur un site de discussion en ligne. La plaignante affirmait avoir été contrainte par la force et la surprise.
L'enquête préliminaire, ouverte en 2021, a été confiée à la police judiciaire. Les investigations ont notamment consisté en des auditions de témoins, des expertises psychologiques et une analyse des échanges numériques entre les deux personnes.
Les motifs du classement
Le parquet de Paris a justifié sa décision par l'absence d'infraction pénale caractérisée. Selon le communiqué officiel, « les éléments recueillis ne permettent pas de caractériser l'infraction de viol, ni aucune autre infraction pénale ». Plus précisément, les enquêteurs n'ont pas trouvé de preuves suffisantes de contrainte, de menace ou de surprise, éléments constitutifs du viol.
L'avocate de la plaignante, Me Sarah C., a dénoncé une « décision décevante mais attendue », soulignant que « la parole des victimes reste difficile à faire entendre dans ce type d'affaires ». Elle a annoncé son intention de saisir la cour d'appel pour contester ce classement.
Un contexte politique sensible
Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur en exercice, a toujours nié les accusations. Il avait déclaré en 2021 : « Je n'ai jamais violé personne. » Cette affaire a relancé le débat sur la prescription des viols et la protection des mineurs. Lyhanna avait déposé plainte en 2021, soit 12 ans après les faits, mais la prescription n'était pas acquise car elle avait 17 ans au moment des faits, ce qui repousse le délai à 20 ans après sa majorité.
Le classement sans suite ne signifie pas que les faits sont inexistants, mais que la justice n'a pas retenu d'éléments suffisants pour poursuivre. Cette décision intervient dans un climat de fortes tensions autour de la gestion des violences sexuelles par le gouvernement.
Réactions politiques
Plusieurs personnalités politiques ont réagi. La députée LFI Mathilde Panot a estimé que « cette affaire montre une fois de plus l'impunité des puissants ». À l'inverse, le député LR Éric Ciotti a salué une « décision de justice qui met fin à des accusations infondées ». Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a rappelé que « la justice est indépendante et que ses décisions doivent être respectées ».
Lyhanna, de son côté, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Je ne lâcherai rien. La vérité finira par éclater. » Son avocate a confirmé qu'elle étudiait la possibilité d'un pourvoi en cassation.



