Cédric Jubillar a finalement avoué, le 6 juillet 2025, avoir tué son épouse Delphine dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn). Ces aveux mettent fin à près de cinq ans de dénégations et de mystère. Retour sur les huit dates qui ont jalonné cette affaire judiciaire hors norme.
16 décembre 2020 : la disparition de Delphine Jubillar
Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, disparaît de son domicile de Cagnac-les-Mines. Son mari Cédric, peintre en bâtiment, prévient les gendarmes vers 4 heures du matin, affirmant qu'elle s'est absentée après une dispute. Les recherches immédiates ne donnent rien. Le corps de Delphine n'a jamais été retrouvé à ce jour.
18 décembre 2020 : ouverture d'une information judiciaire
Le parquet d'Albi ouvre une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration ». Cédric Jubillar est entendu comme témoin, mais les enquêteurs relèvent rapidement des incohérences dans son emploi du temps. Selon une source proche du dossier, « les premières contradictions sont apparues dès les auditions initiales ».
17 juin 2021 : mise en examen de Cédric Jubillar
Après six mois d'enquête, Cédric Jubillar est mis en examen pour « meurtre sur conjoint » et placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne). Les éléments à charge incluent des traces de sang dans la chambre conjugale, des SMS effacés et un témoignage accablant d'un voisin. Son avocat dénonce alors une « enquête à charge ».
Juillet 2021 à mai 2025 : une instruction à rebondissements
Pendant quatre ans, l'instruction connaît plusieurs rebondissements. Des expertises psychologiques décrivent Cédric Jubillar comme « manipulateur » et « narcissique ». En 2023, une perquisition dans sa cellule permet de découvrir des écrits où il évoque sa « colère » contre Delphine. Parallèlement, sa compagne de l'époque, Séverine, est mise en examen pour « non-dénonciation de crime » en 2022, mais elle est finalement placée sous statut de témoin assisté en 2024.
6 juillet 2025 : les aveux de Cédric Jubillar
Lors d'une confrontation avec les juges d'instruction, Cédric Jubillar craque et avoue avoir tué Delphine après une dispute violente. Il explique l'avoir frappée à la tête avec un objet contondant, puis avoir caché le corps dans un lieu qu'il refuse de révéler. « Il a détaillé les faits avec une précision glaçante », confie une source judiciaire à Libération. Ces aveux interviennent alors que la date de son procès aux assises était fixée pour septembre 2025.
7 juillet 2025 : réactions et conséquences judiciaires
L'avocat de la famille de Delphine Jubillar, Me Jean-Baptiste Alary, salue « un pas vers la vérité » mais déplore que le corps n'ait toujours pas été retrouvé. La défense de Cédric Jubillar annonce qu'elle va demander une expertise psychiatrique complémentaire. La date du procès est maintenue pour septembre 2025, mais pourrait être reportée en raison des aveux tardifs.
Impact sur l'enquête et les proches
Ces aveux relancent les recherches du corps de Delphine. Les enquêteurs espèrent obtenir des indications supplémentaires de la part de Cédric Jubillar pour localiser la dépouille. La famille de la victime, qui a mené un combat médiatique constant, exprime son soulagement mêlé d'amertume. « C'est une étape cruciale, mais le chemin vers la justice est encore long », déclare l'un de ses proches.
Conclusion : une affaire qui reste à juger
Malgré les aveux, l'affaire Jubillar n'est pas close. Le procès devant la cour d'assises du Tarn devra déterminer les circonstances exactes du meurtre et la responsabilité pénale de l'accusé. Les avocats de la défense pourraient plaider la préméditation ou la légitime défense. En attendant, Cédric Jubillar reste incarcéré et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.



