Affaire Epstein : l'ex-ministre britannique Peter Mandelson arrêté et libéré sous caution
L'ex-ministre et ancien ambassadeur britannique Peter Mandelson a été interpellé par la police londonienne entre le lundi 23 et le mardi 24 février 2026, avant d'être remis en liberté sous caution. Cette arrestation fait suite à l'ouverture d'une enquête le 3 février dernier concernant des soupçons de transfert d'informations sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Une arrestation qui intervient après celle de l'ex-prince Andrew
Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a été arrêté vers 17 heures GMT lundi. Il est soupçonné de manquements à ses devoirs dans l'exercice de ses fonctions publiques, à la suite d'allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein. La police londonienne a confirmé dans un communiqué publié mardi matin qu'un homme de 72 ans, identifié comme Lord Mandelson, avait été libéré sous caution dans l'attente de la poursuite de l'enquête.
Cette interpellation survient seulement quatre jours après l'arrestation de l'ex-prince Andrew, lui aussi soupçonné d'avoir transmis des informations au pédocriminel américain lorsqu'il était représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce entre 2001 et 2011. Le frère cadet du roi Charles III a été remis en liberté après plus de 10 heures de garde à vue jeudi dernier.
Des documents suggèrent une possible influence sur les marchés
Des documents tirés des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice, suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier américain des informations susceptibles d'influer sur les marchés. Ces transferts auraient eu lieu lorsqu'il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.
Le 6 février, la police a indiqué avoir perquisitionné deux résidences de Mandelson, l'une proche de Regent's Park à Londres et l'autre dans le Wiltshire, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Gordon Brown a également transmis à la police des informations sur ce qu'il a qualifié d'"acte inexcusable et antipatriotique" de la part de Mandelson.
Des versements financiers et des conséquences politiques
Des documents issus des dossiers Epstein suggèrent par ailleurs que Peter Mandelson a reçu des versements d'un total de 75 000 dollars (63 200 euros) de la part du financier américain en 2003 et 2004. L'ancien ministre a indiqué n'avoir "ni trace ni souvenir" de ces transactions.
Toutes ces accusations ont fragilisé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, accusé d'avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington alors même qu'il savait que l'ex-ministre et ex-commissaire européen était resté proche d'Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels. Keir Starmer, qui avait rappelé Peter Mandelson des États-Unis en septembre 2025 à la suite de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes. Son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné.
Plus de 100 000 documents incriminants en cours d'examen
Le gouvernement s'est engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de Peter Mandelson. Une première tranche devrait être publiée début mars, selon un membre du gouvernement lundi. Selon la BBC, il s'agit de plus de 100 000 documents, dont les échanges électroniques entre l'ex-ambassadeur et des membres de l'exécutif.
Une partie de ces documents, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale du pays, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire, libre de décider de les rendre publics ou non. Peter Mandelson n'a fait aucune déclaration publique depuis le début de l'enquête. Un porte-parole a indiqué le 8 février qu'il "regrette et regrettera jusqu'à son dernier souffle d'avoir cru aux mensonges d'Epstein concernant ses actes criminels".
Le porte-parole a ajouté : "Il n'a découvert la vérité sur Epstein qu'après sa mort en 2019. Il est profondément désolé que des femmes et des filles sans défense et vulnérables n'aient pas bénéficié de la protection qu'elles méritaient."



