Affaire Epstein : la famille royale britannique face au dilemme des princesses Beatrice et Eugenie
La famille royale britannique est confrontée à un véritable casse-tête concernant les princesses Beatrice et Eugenie, les filles de l'ex-prince Andrew, tombé en disgrâce pour ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein. La question centrale est de savoir s'il faut les écarter ou maintenir des relations, dans un équilibre délicat entre prise de distance et volonté de ne pas couper les ponts.
Une disgrâce inédite pour la monarchie
L'arrestation mi-février d'Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné de mauvaise conduite dans l'exercice de ses fonctions publiques, a plongé la famille royale dans une crise sans précédent. Bien qu'il n'ait pas été inculpé et ait nié toute culpabilité, il reste sous le coup d'une enquête judiciaire. Cette situation affecte directement ses filles, âgées de 37 et 36 ans, dont l'avenir fait la une des tabloïds.
La mère des princesses, Sarah Ferguson, dite Fergie, est également touchée. Récemment privée de son dernier titre honorifique lié à la ville de York en raison de ses liens avec Epstein, elle se retrouve sans domicile fixe après avoir quitté le manoir de Windsor. Beatrice et Eugenie sont dans l'incapacité de lui offrir un logement permanent, ajoutant une dimension personnelle à ce scandale.
Des princesses entre premier cercle et mise à l'écart
Bien que membres non actifs de la famille royale, Beatrice et Eugenie ont toujours appartenu au premier cercle, participant à des événements officiels comme le balcon du palais de Buckingham ou la messe de Noël à Sandringham. Cependant, depuis plusieurs semaines, des rumeurs de mise à l'écart circulent dans les médias britanniques.
Une source royale a confirmé que les deux femmes n'assisteront pas à la messe de Pâques à Windsor, un événement majeur du calendrier royal. Elles ont pris d'autres dispositions avec l'accord du roi Charles III, mais seront présentes lors de futures fêtes de famille. Leur participation à la procession royale d'Ascot en juin reste incertaine, le palais de Buckingham n'ayant pas confirmé ces informations.
Le poids des documents Epstein
Aucun document publié par le ministère américain de la justice ne met directement en cause Beatrice et Eugenie dans l'affaire Epstein. Cependant, leurs noms apparaissent dans de multiples courriels issus de ce dossier. Un courriel consulté par l'AFP évoque une visite des deux sœurs et de leur mère à Jeffrey Epstein en 2009, peu après sa sortie de prison pour sollicitation sexuelle d'une mineure.
Pour l'expert royal Ed Owens, ces documents posent question, surtout s'il venait à être démontré qu'elles ont bénéficié d'un réseau d'élite présenté par Epstein. Beatrice et Eugenie mènent des carrières brillantes : Beatrice a fondé le cabinet de consultants BY-EQ, tandis qu'Eugenie est directrice à la galerie d'art contemporain Hauser & Wirth à Londres.
Une stratégie de prudence
Richard Fitzwilliams, expert royal, estime que la famille royale veut éviter toute association avec Andrew et Sarah Ferguson, devenus toxiques, sans couper totalement les ponts avec leurs filles. Il souligne que Beatrice et Eugenie sont actuellement des dommages collatéraux, mais prévient que d'autres révélations embarrassantes pourraient survenir.
Andrew Lownie, biographe critique du prince déchu, accuse les deux filles d'avoir participé à l'entreprise familiale dirigée par leurs parents, rappelant l'épisode de 2010 où Fergie avait été filmée vendant un accès à Andrew. Dans ce contexte, la prudence reste de mise pour la monarchie, qui cherche à protéger son image tout en gérant des liens familiaux complexes.



