Grève des avocats d'Alès contre la réforme de la justice criminelle
Avocats d'Alès en grève contre la réforme criminelle

Mobilisation des avocats d'Alès contre la réforme de la justice criminelle

Le barreau d'Alès, dans le Gard, a voté en assemblée générale extraordinaire ce mardi 31 mars 2026 en faveur d'une mobilisation contre le projet de loi de réforme de la justice criminelle porté par le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Cette décision s'inscrit dans le sillage des positions prises récemment par la Conférence des bâtonniers, le Conseil national des barreaux et le Barreau de Paris.

Les principales critiques de la réforme

Les avocats cévenols, représentés par la bâtonnière Aude Guiraudou-Samson et la vice-bâtonnière Florence Mendez, ciblent particulièrement l'instauration d'une CRPC criminelle (comparution en reconnaissance préalable de culpabilité), similaire à celle existant en matière délictuelle. Cette procédure simplifiée prévoit de proposer une peine aux deux tiers de la peine encourue, ce qui, selon Me Guiraudou-Samson, reviendrait à "établir des barèmes de peine et mettre la pression sur le mis en cause".

Les avocats dénoncent plusieurs aspects problématiques :

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  • Un risque que les accusés acceptent des sanctions même en contestant les faits
  • L'absence de parole donnée aux experts, témoins et victimes durant la procédure
  • Un délai de seulement dix jours pour les victimes pour contester la décision
  • Une révision de la détention provisoire qui pourrait exercer "une pression sur les victimes"

Une justice sacrifiée sur l'autel de l'efficacité ?

Les professionnels du droit estiment que cette réforme sacrifie les droits de la défense et ceux des victimes au profit d'une réduction des temps d'audiencement et du flux des dossiers en attente aux assises. "Faire une réforme, oui. Mais en écoutant les professionnels que nous sommes", insiste Me Guiraudou-Samson, ajoutant : "Pas une justice à tout prix, sous n'importe quelle forme et avec n'importe quel moyen."

Une grève partielle avec escalade possible

Face à ce qu'ils qualifient de "procédure low-cost", les avocats d'Alès ont décidé d'une grève partielle à compter du mercredi 1er avril 2026. Alors que le projet de loi doit être examiné par le Sénat le 7 avril, les conseils alésiens font grève des CRPC et autres CRPC-défèrements.

Les représentants du barreau préviennent : "Si les affaires sont renvoyées en comparutions immédiates, nous envisagerons une grève du zèle, c'est-à-dire que nous plaiderons à plusieurs sur un même dossier." La mobilisation est prévue jusqu'au 13 avril, date d'une manifestation nationale à Paris à laquelle le barreau d'Alès enverra une délégation.

Cette action s'inscrit dans un mouvement plus large, avec des barreaux comme ceux d'Avignon ou Bobigny ayant déjà déclenché des grèves totales. Les avocats alésiens affirment que leur intention n'est pas de créer des difficultés, mais de "faire bouger le gouvernement et le faire entrer en négociations" avec les professionnels de la justice.

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