Hôpital de Saintes : équipements de pointe mais pénurie de personnel spécialisé
Saintes : hôpital équipé mais manque de personnel spécialisé

Un hôpital équipé mais confronté à une pénurie de personnel spécialisé

Le groupe hospitalier de Saintes Saint-Jean-d'Angély possède des équipements médicaux de dernière génération, mais fait face à une difficulté majeure : le manque de personnel qualifié pour les exploiter pleinement. Cette situation critique a conduit l'établissement à organiser des journées portes ouvertes spécifiquement dédiées au recrutement, notamment pour le bloc opératoire et les services d'imagerie médicale.

Des portes ouvertes ciblées pour combler les postes vacants

Le samedi 28 mars, l'hôpital a renouvelé une opération de recrutement initiée le 5 avril 2025. Lors de la première édition, sur une vingtaine de visiteurs, trois infirmiers de bloc opératoire avaient été recrutés, comme le souligne avec satisfaction Agnès Klein-Feillens, directrice générale adjointe. Cette fois, l'établissement cherche à pourvoir plusieurs postes urgents : quatre infirmiers anesthésistes (IADE), deux infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et trois manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM).

Contrairement à l'édition précédente qui se concentrait uniquement sur le bloc opératoire, cette nouvelle session incluait également la découverte des différentes facettes de l'imagerie médicale. L'audience a été élargie, accueillant notamment une dizaine de lycéens. "Certains métiers ne sont pas très connus", remarque Agnès Klein-Feillens, citant l'exemple du manipulateur radio qui nécessite trois années de formation après le baccalauréat.

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Des équipements modernes mais sous-exploités

Le Dr Jean-Christophe Lecomte, chef du service radiologie et imagerie, met en avant la montée en gamme des équipements au cours des cinq dernières années. Le site de Saintes s'est doté d'un scanner et d'un IRM supplémentaires, avec l'intégration de la médecine nucléaire. Saint-Jean-d'Angély a également modernisé son parc avec un mammographe numérique en 2024 et un scanner en 2025.

Le problème principal réside dans l'insuffisance d'opérateurs pour faire fonctionner ces machines à pleine capacité. En dehors des urgences, les délais pour une mammographie peuvent atteindre plusieurs mois, ce qui nuit considérablement à la prévention du cancer du sein. L'IRM 3 Tesla, installée en 2022, offre pourtant une qualité d'analyse bien supérieure.

Le rêve d'une formation locale en imagerie

Actuellement, les étudiants doivent se former à Angoulême, Bordeaux, Périgueux ou Poitiers. Le groupe hospitalier aspire à la création d'une section imagerie à l'Institut de formation aux métiers de la santé (IFMS) de Saintes. "La stratégie du Conseil régional, c'est d'équiper chaque département à terme. Il faudrait partir sur des promotions de 30 à 40 étudiants par an, cela correspond aux besoins de santé", explique Agnès Klein-Feillens.

Le Dr Lecomte vante les avantages de l'établissement : "Ici, on a toute la filière. On garantit un terrain de stage pour toucher à tout, la radiothérapie, la radiologie et la médecine nucléaire. On peut accompagner les étudiants avec une bourse professionnelle qui permet de financer les études."

Technologie de pointe au bloc opératoire

Le bloc opératoire n'est pas en reste avec le robot Dexter, un appareil sophistiqué manipulé à distance par le chirurgien. "C'est un facteur d'attractivité pour les médecins. On a fait la millième opération hier. La première, c'était le 11 avril 2022, sur un adénome de la prostate", décrit le Dr Guillaume Hugues, urologue.

Il ajoute : "On réalise plus de 12 000 interventions chirurgicales par an. C'est considérable pour un centre hospitalier de cette taille. Beaucoup en France ont du mal à franchir le seuil des 8 000." Le scanner interventionnel permet quant à lui de réaliser des opérations plus rapides et moins invasives. "Avant, une biopsie du foie, c'était dix jours d'hospitalisation. Aujourd'hui, c'est quelques heures", précise le Dr Lecomte.

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Témoignages et perspectives d'avenir

Flavie, 23 ans, infirmière fraîchement diplômée à Saintes, témoigne : "Dès ma première année d'étude, mon souhait se portait vers le bloc opératoire. Les portes ouvertes m'ont confortée. J'ai pu découvrir une équipe bienveillante. C'est une vraie immersion. Je me suis dit que je pouvais me sentir bien ici." L'an dernier, elle faisait partie des visiteurs.

Bien que ces portes ouvertes ne visaient pas spécifiquement le recrutement de médecins, le groupe hospitalier reste en recherche active dans ce domaine. Les besoins les plus pressants concernent la cancérologie, les soins palliatifs, et dans une moindre mesure les gynécologues obstétriciens. Des postes sont également à pourvoir pour des médecins généralistes polyvalents et des médecins de rééducation à Saint-Jean-d'Angély.

Pour les urgences et la pédiatrie, la situation s'est améliorée avec une "bonne dynamique plus favorable à l'intégration", selon Agnès Klein-Feillens. L'hôpital cherche aussi des médecins généralistes dans divers domaines : médecine générale, centre de santé, gériatrie, avec des possibilités d'évolution professionnelle.

Avec plus de 3 100 professionnels employés, le groupe hospitalier de Saintes Saint-Jean-d'Angély reste l'un des principaux employeurs du bassin, mais doit relever le défi du recrutement pour exploiter pleinement son parc technologique de pointe.