Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce lundi 1er juin 2026 dans l'affaire du passage à tabac d'un jeune homme de 22 ans, survenu en mars 2023. Deux CRS ont été condamnés à des peines de prison avec sursis, respectivement 18 mois et 12 mois, pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.
Les faits remontent à 2023
Les faits s'étaient déroulés dans la nuit du 12 au 13 mars 2023, dans le quartier de la gare de Nice. Le jeune homme, interpellé pour un simple contrôle d'identité, avait été frappé à coups de poing et de pied par plusieurs agents, alors qu'il était déjà au sol et menotté. Une vidéo de l'agression, filmée par un passant et diffusée sur les réseaux sociaux, avait provoqué une vive émotion et conduit à l'ouverture d'une enquête.
Un procès sous haute tension
Le procès, qui s'est tenu en mai 2026, a été marqué par la présence de nombreux manifestants venus soutenir la victime. Les deux CRS, âgés de 34 et 38 ans, ont nié toute violence excessive, affirmant avoir agi en état de légitime défense. Cependant, la vidéo et les témoignages ont contredit leur version. Le parquet avait requis 2 ans de prison ferme à l'encontre des deux agents.
La décision du tribunal
Le tribunal a finalement retenu la culpabilité des deux CRS, mais a assorti les peines d'un sursis simple. Les juges ont estimé que les violences étaient disproportionnées, mais ont tenu compte de l'absence d'antécédents judiciaires des agents et de leur comportement exemplaire depuis les faits. En plus des peines de prison, les deux CRS ont été condamnés à verser 15 000 euros de dommages et intérêts à la victime.
Réactions contrastées
La décision a suscité des réactions contrastées. L'avocat de la partie civile s'est dit "déçu" par le sursis, estimant que cela envoyait un "mauvais signal". À l'inverse, le syndicat de police Alliance a salué une décision "équilibrée". La victime, qui souffre de séquelles psychologiques, a indiqué qu'elle ferait appel.
Cette affaire relance le débat sur les violences policières en France et les peines prononcées à l'encontre des forces de l'ordre. Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de plaintes pour violences policières est en hausse de 15% en 2025 par rapport à l'année précédente.



