Meurtre de Thomas : le parquet conteste le racisme
Meurtre de Thomas : le parquet conteste le racisme

Le parquet de Valence a annoncé, mardi 18 août, avoir fait appel de l'ordonnance du juge d'instruction qui avait retenu la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Thomas Perotto, tué à l'issue d'un bal de village à Crépol (Drôme) en novembre 2023. Le procureur de la République, Laurent de Caigny, conteste l'application de cette circonstance, estimant que les éléments de l'enquête ne la justifient pas.

Une décision contestée par le ministère public

Dans un communiqué, le parquet indique avoir formé un appel de l'ordonnance du juge d'instruction, qui avait retenu la circonstance aggravante de racisme pour plusieurs mis en examen. Selon le procureur, cette qualification ne repose pas sur des éléments suffisants. Il souligne que les investigations n'ont pas établi que les auteurs présumés avaient agi en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nationalité ou de la religion de la victime.

L'avocat de la famille de Thomas Perotto, Me Pierre Lefèvre, a exprimé sa déception : « Nous regrettons cette décision du parquet. La circonstance aggravante de racisme était une avancée importante pour la manifestation de la vérité. Nous espérons que la chambre de l'instruction saura entendre les arguments des parties civiles. »

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Un contexte de violences et de tensions

Le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, avait provoqué une vive émotion et des tensions dans la région. Les faits s'étaient déroulés lors d'un bal de village à Crépol, où une vingtaine d'individus avaient pris à partie les participants. Thomas Perotto avait été mortellement blessé par arme blanche. Huit personnes avaient été mises en examen, dont sept pour meurtre en bande organisée et une pour violences en réunion.

L'enquête avait également révélé des échanges sur les réseaux sociaux évoquant des motivations racistes, mais le parquet estime que ces éléments ne sont pas suffisants pour caractériser la circonstance aggravante. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble devra trancher ce point.

Les suites judiciaires attendues

L'appel du parquet suspend la procédure sur ce point. La chambre de l'instruction aura à se prononcer sur la validité de la circonstance aggravante. Les avocats des mis en examen, qui contestaient cette qualification, ont salué la décision du parquet. « C'est une décision conforme au droit. La circonstance aggravante ne doit pas être utilisée à des fins politiques », a déclaré Me Sarah Dupont, avocate de l'un des suspects.

L'affaire a également eu des répercussions politiques, avec des appels à la fermeté et des manifestations. La famille de Thomas Perotto et les associations antiracistes attendent désormais la décision de la chambre de l'instruction, qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois. Cette décision déterminera la suite du procès, qui pourrait être jugé par une cour d'assises.

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