Le tribunal d'Alès a condamné Michel D., 76 ans, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, pour des agressions sexuelles sur deux fillettes dans un camping de Boisset-et-Gaujac, survenues en 2018 et 2021. Son ADN a été retrouvé sur la culotte de l'une des victimes. Il est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels.
Des faits répétés dans le même camping
En août 2018, au terrain de camping de Boisset-et-Gaujac, une fillette de 9 ans se confie à une amie avant de révéler les faits à ses parents. Un homme l'a embrassée sur la bouche et le sexe dans sa caravane. Les gendarmes interviennent et lancent une enquête. Aucun contenu douteux n'est retrouvé dans le matériel informatique du grand-père. Les prélèvements ADN sur les vêtements de la fillette ne permettent pas d'identifier le suspect. Faute de preuve évidente, la plainte est classée sans suite.
Trois ans plus tard, en juillet 2021, toujours dans le même camping, une autre fillette de 8 ans décrit des faits d'agression sexuelle identique. Alors qu'elle ramène à la caravane le chien du « papy du camping », comme il est décrit par de nombreux résidents, l'homme veut soigner l'égratignure au genou de la fillette. Dans son véhicule, le retraité de la gendarmerie l'aurait embrassée et aurait glissé sa main sous son maillot de bain. La veille de cet événement déjà, la fillette avait perçu un geste ambigu dans le hamac.
Des éléments troublants dans le dossier
L'ADN du prévenu a été retrouvé sur la culotte de la seconde victime. La saisie de son ordinateur en 2021 révèle un nettoyage massif : 26 000 fichiers ont été supprimés, ainsi que la consultation des pages internet. Mais les enquêteurs décèlent des traces de navigation sur le dark web.
« Dans ce dossier nous avons d'un côté des victimes avec des déclarations constantes et en face, un homme d'une insincérité totale. Il déplace le curseur de ces déclarations en fonction des éléments de l'enquête », tonne Quentin Larroque, substitut du procureur de la République.
« Cela ne prouve rien, tout le monde efface des données. Aucun logiciel interdit n'a été retrouvé », s'insurge Me Gilbert Bekalé, l'un des deux avocats de la défense. « Au final, c'est parole contre parole. »
La défense plaide le doute
Le prévenu de 76 ans, au casier judiciaire vierge mais qui a effectué un an de prison à titre provisoire, conteste les faits avec force. « Il y a plus de conditionnels et moins de certitudes dans cette affaire. Il y a un doute », soulignent les conseils. « Il a 76 ans, il ne peut pas retourner en prison. »
« Il y avait eu une première alerte, et vous vous remettez en danger, trois ans plus tard, pour avoir une proximité avec une fillette », s'étonne Vincent Edel, le président de l'audience. Le ministère public avait réclamé le mandat de dépôt et 4 ans de prison dont un avec sursis.
Au final, Michel D. écope de quatre ans de prison dont deux avec sursis probatoire. Interdiction lui est faite, à titre définitif, d'exercer une activité avec des mineurs. Il est inscrit sur le fichier national des délinquants sexuels.



