Accident mortel à Saint-Raphaël : un voisin dénonçait depuis des années la dangerosité du passage à niveau
Habitant à moins de 10 mètres des voies ferrées, Luc Delfino, 72 ans, ancien commercial de la SNCF, avait maintes fois alerté sur les dangers du passage à niveau de Saint-Raphaël. Ce mercredi 25 mars 2026, ses craintes se sont tragiquement matérialisées lorsqu'un camion a été percuté par un train, entraînant la mort du chauffeur. « Je savais que ça allait arriver un jour », déplore ce résident, épuisé par le stress et la tension accumulés.
Un havre de paix transformé en scène de chaos
La maison de Luc Delfino, située à deux pas des rails, surplombe les voies. Depuis plus de trente ans, il y habite, profitant d'un jardin orné de fleurs et de citronniers, avec une vue sur la mer. Mais ce mercredi matin, malgré un soleil éclatant, le chaos s'est emparé des lieux. Les débris de la collision mortelle entourent sa propriété. Par chance, sa maison n'a pas été endommagée, contrairement à celle de son voisin, dont la baie vitrée a été brisée par les projections.
Depuis sa cuisine, Luc observe les agents manœuvrer pour dégager les mobil-homes que transportait le poids lourd. « Vous m'excuserez, je suis complètement sonné », confie le retraité. Il raconte avoir d'abord cru à une attaque de guerre : « J'étais dans mon jardin, à 10 mètres de l'impact. J'ai entendu deux explosions, un vacarme assourdissant. Étant donné le contexte géopolitique, j'ai pensé à une bombe. Je me suis dit : “Ça y est, nous sommes attaqués”… » En regardant par-dessus son grillage, il comprend la réalité : un feu s'est déclaré, une épaisse fumée noire s'est propagée.
Des alertes répétées ignorées
Sous le choc, Luc Delfino n'est cependant pas surpris. Il explique que le passage à niveau, bien qu'existant depuis longtemps, présente un réel problème topographique. « À cause du dos-d'âne, les châssis touchent la chaussée et les conducteurs se retrouvent piégés, bloqués sur les rails », détaille-t-il. Il raconte que ce n'est pas la première fois que des chauffeurs rencontrent des difficultés : « Parfois, à 6 h du matin, je sors devant chez moi et j'en vois certains qui sont bloqués. Je leur explique comment se dégager. »
Malheureusement, cette fois-ci, personne n'a eu le temps d'agir. Luc Delfino avait pourtant multiplié les alertes. « Je filme souvent les manœuvres dangereuses effectuées par les camions sur ce passage à niveau, qu'il faut normalement traverser en quelques secondes. Ce n'est pas faute d'avoir alerté les autorités compétentes sur le problème... » Très perturbé par ce drame qu'il redoutait et qui s'est joué à quelques mètres de lui, le retraité espère une « prise de conscience ».
Un appel à des mesures d'urgence
Luc Delfino appelle désormais à des actions concrètes pour prévenir de nouvelles tragédies. « Aujourd'hui, il serait judicieux de supprimer ce passage ! J'espère que des mesures d'urgence vont être prises », insiste-t-il. Son témoignage met en lumière les lacunes en matière de sécurité ferroviaire et l'importance d'écouter les alertes des riverains. L'accident de Saint-Raphaël soulève des questions cruciales sur la maintenance des infrastructures et la responsabilité des autorités dans la prévention des risques.
Alors que le trafic ferroviaire doit reprendre ce jeudi 26 mars à 17h, la communauté locale reste sous le choc. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer les causes exactes de la collision, mais pour Luc Delfino, le constat est clair : ce drame était prévisible. Son récit poignant rappelle l'urgence d'agir pour sécuriser les passages à niveau et protéger les vies humaines.



