Une condamnation historique pour un crime sordide
Ce vendredi 27 mars 2026, la cour d'assises du Vaucluse a prononcé une sentence particulièrement lourde dans une affaire qui a profondément marqué la région. Aurélie S., 44 ans, a été condamnée à 25 ans de réclusion criminelle pour la mort de deux de ses nourrissons, retrouvés placés au congélateur en 2018 et 2019. Cette peine dépasse largement les 18 ans requis par l'avocat général et constitue un record dans les dossiers de néonaticides en France.
Des faits atroces et des explications insuffisantes
Le tribunal n'a pas retenu l'intention de tuer, mais a jugé la mère coupable de privation de soins ayant entraîné la mort pour ses deux bébés, nés en 2018 et 2019. Elle a également été reconnue coupable de violences sur ses trois filles aînées. Durant toute l'audience, Aurélie S. est restée impassible, les bras croisés, face à un verdict qui a surpris par sa sévérité.
La présidente du tribunal, Laurène Dorlhac, a vivement critiqué l'attitude de l'accusée, lui reprochant son « peu d'empathie » et « trop peu de remise en question après trois ans de détention ». Elle a regretté que ce procès n'ait apporté « très peu de réponses » sur les motivations profondes de ces actes.
Des versions contradictoires et des expertises accablantes
Durant les débats, Aurélie S. a reconnu avoir placé ses bébés au congélateur, mais a nié les avoir tués. Elle a toutefois admis que ses nourrissons étaient morts des « conséquences de mes non-actes, de ce que j'ai pas fait ». Pour le premier bébé, une petite fille prénommée Allia, elle affirme que l'enfant serait décédée après une chute dans l'escalier, une version contredite par les expertises médicales.
Les lésions observées sur le crâne du nourrisson ne sont pas compatibles avec ce scénario. Pour le second bébé, né d'un probable déni de grossesse en 2019, les experts n'ont pu déterminer avec certitude s'il était mort d'un accouchement difficile ou d'une absence de soins. Dans les deux cas, Aurélie S. explique avoir placé les corps au congélateur dans la « panique », après avoir constaté leur mort sans appeler les secours.
Une peine exceptionnelle dans le paysage judiciaire français
Les 25 ans de réclusion criminelle prononcés représentent une condamnation particulièrement sévère au regard des précédents judiciaires français en matière d'infanticide. Cette peine historique contraste fortement avec d'autres affaires similaires qui ont défrayé la chronique ces dernières années.
Dans la plus grave affaire connue, Dominique Cottrez, accusée d'avoir tué huit nouveau-nés, n'avait écopé que de 9 ans en 2015, le jury ayant reconnu une altération du discernement. Véronique Courjault, condamnée en 2009 pour le meurtre de trois nouveau-nés dont deux retrouvés congelés en Corée du Sud, avait été condamnée à 8 ans. Plus récemment, Sylvie Horning avait été condamnée en 2019 à 20 ans pour cinq néonaticides, peine ramenée à 14 ans en appel.
La magistrate chargée de l'enquête avait précisé qu'il était impossible de déterminer si les bébés, tous deux nés viables et à terme, avaient été placés au congélateur vivants ou morts. Cette incertitude n'a cependant pas empêché le tribunal de prononcer une peine exemplaire, marquant ainsi une évolution significative dans la réponse judiciaire à ce type de crimes particulièrement odieux.



