22 ans de réclusion pour l'accusé en fuite dans l'affaire Gattar
22 ans de réclusion pour l'accusé en fuite Gattar

La cour d'assises des Alpes-Maritimes a condamné Chaouki Gattar, 39 ans, à 22 ans de réclusion criminelle pour avoir poignardé son ami d'enfance le 17 décembre 2018 à Nice. L'accusé, absent lors de son procès, est en fuite depuis plusieurs mois.

Un différend futile dégénère en tentative d'assassinat

Ce soir-là, un match de football devait opposer l'USONAC à une équipe de Grasse sur le stade situé au-dessus du centre commercial Leclerc de Pont Michel. Chaouki Gattar, alors âgé de 33 ans et pesant 130 kg, s'est présenté pour exiger l'intégration d'un joueur sans licence dans l'équipe de son ami d'enfance, capitaine de l'équipe niçoise. Devant le refus, une altercation a éclaté, avec échange de coups de poing. Gattar, ayant reçu un coup, a quitté les lieux furieux.

Quelques minutes plus tard, il est revenu armé d'un couteau et a poignardé la victime sous l'aisselle, à proximité du cœur. La lame s'est enfoncée de 10 centimètres. « Jamais je n'aurais pensé que les choses allaient dégénérer de la sorte », a témoigné la victime à la barre. Son pronostic vital a été engagé pendant une semaine, et il a échappé de peu à la mort.

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Un accusé en fuite malgré son contrôle judiciaire

Après les faits, Gattar a été placé en détention provisoire, mais a bénéficié d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire en 2021 en raison des délais de procédure. Depuis, il a pris la fuite. Il aurait embarqué dans un avion à l'aéroport de Rome il y a quelques mois et demeure introuvable. Son avocat a tenté de proposer 15 000 euros à la victime pour obtenir son silence, ce que Gattar a toujours contesté. « Gattar nous a fait une sorte de bras d'honneur judiciaire », a dénoncé Me Bernard Ginez, avocat de la partie civile.

Le rôle controversé du coaccusé

Seul le compagnon de Gattar ce soir-là était présent sur le banc des accusés. L'accusation lui reprochait son absence de réaction alors que tout laissait présager le pire. « Le coaccusé a vu Chaouki Gattar plonger la main dans la portière de son véhicule et en ressortir un objet noir », a soutenu l'avocate générale Céline Hortal, qui a requis 30 mois d'emprisonnement avec sursis. La défense, par la voix de Me Esther Auclair, a plaidé que rien ne permettait de prévoir le geste. La cour a condamné le coaccusé à 18 mois d'emprisonnement avec sursis.

Une peine plus sévère que les réquisitions

En l'absence du principal accusé, la cour, composée uniquement de magistrats professionnels et présidée par Ludovic Leclerc, a prononcé une peine de 22 ans de réclusion criminelle avec mandat d'arrêt, alors que le parquet avait requis 15 ans. « Donnez-moi un ego surdimensionné, donnez-moi une humiliation, donnez-moi un couteau et j'en ferai un assassin », a résumé Me Bernard Ginez, citant l'expert psychologue Dany Borgogno.

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