Le procès pour viols et agressions sexuelles d'un beau-père présumé s'est achevé ce vendredi à Nîmes. L'avocate générale a requis une peine de 12 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Gérald Laurens, jugé pour des actes commis entre 2017 et 2023 sur les enfants de sa compagne, alors âgés de 9 à 14 ans.
Une famille brisée par les aveux partiels de l'accusé
L'audience a été marquée par l'émotion. La mère, en larmes, a déclaré : "J'ai fait entrer le monstre dans ma maison". Ses propos ont été repris par les avocats de la partie civile, Mes Deler, Lobier-Tupin et Kaloustian, qui ont décrit une famille "détruite psychologiquement". Le père, qui a déposé plainte après avoir découvert les scarifications de sa fille, était présent, tout comme le frère, perdu face au flot des faits détaillés.
L'accusé a reconnu partiellement les faits, mais est resté évasif malgré les relances du président Pasta. Il nie les pénétrations et les attouchements, affirmant que la jeune fille était "aguicheuse" ou provocatrice. Une ligne de défense que l'accusation a étrillée.
Des actes répétés et un traitement lourd pour la victime
Les faits, qui se seraient déroulés plusieurs fois par semaine, incluent des viols, des agressions sexuelles, des actes de corruption de mineur (diffusion de films pornos) et des provocations à des actes sexuels entre le frère et la sœur. La jeune fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, suit un traitement à base de lithium, un régulateur d'humeur puissant rarement prescrit à des sujets aussi jeunes, signe de l'ampleur du traumatisme.
L'avocate générale, Louisa Aït-Hamou, a insisté sur la crédibilité des enfants : "L'enfant ne peut pas être en demande de sexe, il ne sait pas ce que c'est." Elle a rappelé que les scarifications de la victime avaient alerté le père, qui a porté plainte le jour même.
12 ans de réclusion requis
Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé 12 ans de réclusion criminelle, soulignant la difficulté de croire un homme "qui a constamment varié dans ses déclarations" et évoquant "des dizaines de viols". La défense, assurée par Mes Darrigade et Ginot, s'apprête à plaider. Le verdict est attendu dans la soirée.



