Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016, Nice expose ses plaies et sa résilience à travers une exposition à la villa Masséna, visible jusqu'au 27 juillet 2026. Sous le plafond doré du musée, un ours en peluche avec un Union Jack à moitié effacé par le temps symbolise le recueillement. L'attentat, qui a fait 86 morts sur la Promenade des Anglais, est commémoré par des objets, des témoignages et un film documentaire.
Une exposition de résilience, pas de mort
Anne Murris, présidente de l'association « Mémorial des Anges » et mère de Camille, 27 ans, tuée dans l'attentat, a inauguré l'exposition le 2 juillet 2026 en présence du maire Eric Ciotti. « Cette expo, ici, fait entrer l'attentat dans l'Histoire de Nice », a-t-elle déclaré. « Regarder derrière, c'est regarder devant… Il faut essayer de tirer de tout cela un maximum d'humanité. »
Le conservateur du musée Masséna, Jean-Pierre Barbero, insiste : « Ce n'est pas une exposition qui parle de mort, c'est une exposition de résilience. » La première salle, baptisée « salle de l'harmonie », présente des photos, des slogans comme « Liberté, égalité, fraternité » tracés au sol, 86 galets peints par des enfants niçois, un tableau d'Anne Murris montrant une mère serrant sa fille sans visage, une photo des représentants des trois cultes unissant leurs prières, et le maillot de foot du match Nice-Rennes un mois après l'attentat.
Documents inédits et hommages
Une deuxième salle rassemble des documents papier, dont certains inédits, comme les écrits du procureur François Molins sur la lutte antiterroriste, les Unes de Nice-Matin, les dépêches de l'AFP, un texte de Le Clézio et des dessins de presse. La chanson « Feux d'artifice » de Calogero, qui avait ému Nice, accompagne l'ambiance.
La troisième salle est consacrée à la réponse de l'État, retraçant les visites officielles et les commémorations à un an, cinq ans et dix ans. Elle rend hommage aux quatre associations de victimes.
Un film documentaire sur les enfants du 14-Juillet
La visite se termine par une œuvre de Thierry Vimal, qui a perdu sa fille Amie, 12 ans, et par la projection du film documentaire « 10 ans » du journaliste Franck Fernandes. Le 14 juillet 2016, Maeva, Lucie, Violette et Théo, enfants venus voir le feu d'artifice, ont vécu l'horreur. Devenus adultes, ils racontent leur reconstruction avec leurs failles et leurs angoisses. Le film, réalisé en partenariat avec l'hôpital Lenval, illustre leur douloureux cheminement.
Exposition en plein air sur la promenade du Paillon
Parallèlement, quarante photographies sont exposées sur la promenade du Paillon. Elles montrent les mausolées improvisés sur la Prom', la rencontre avec le Pape, des montagnes de bouquets de fleurs, des tags et l'œuvre « L'envol » de Jean-Marie Fondacaro. Ces clichés invitent au recueillement et à la réflexion au-delà de l'horreur.



