Parité Municipale : Un Équilibre Précaire à Val de Garonne
Malgré l'obligation de parité imposée lors des dernières élections, le territoire de Val de Garonne affiche un bilan mitigé avec seulement cinq femmes maires sur les 43 communes de l'agglomération. Ce chiffre, bien que faible, reste stable par rapport aux scrutins de 2020, évitant ainsi une régression mais soulignant une stagnation préoccupante.
Un Club des Cinq Face à la Persistance des Inégalités
Les changements récents illustrent cette dynamique. Catherine Bernard a cédé sa place à un homme à Caubon-Saint-Sauveur, tandis qu'Anne-Marie Chaumont a été battue par David Guardiola. Ces pertes sont compensées par l'arrivée d'Isabelle Gajac, qui succède à Jean-Michel Moreau à Couthures, et d'Émilie Bayle, victorieuse à Clairac. Dans d'autres communes comme Saint-Martin-Petit, Fauguerolles et Meilhan, le statu quo de genre prévaut avec Lolita Gigan, Roxane Gilles et Régine Povéda confirmées dans leurs fonctions.
Les Témoignages des Élues : Entre Défis et Espoirs
Roxane Gilles, maire de Fauguerolles, critique la mise en œuvre de la parité. « L'alternance hommes-femmes a conduit à des confusions, comme lorsque la députée a félicité mon premier adjoint. Il a fallu rectifier la communication pour préciser que j'étais la nouvelle maire », explique-t-elle. Elle souligne que seulement 20% des maires en France sont des femmes, un chiffre qui chute encore pour les postes de présidence d'agglomération.
Lolita Gigan, à Saint-Martin-Petit, s'interroge sur les raisons de cette sous-représentation. « Est-ce une reconduction tacite des hommes ou autre chose ? C'est dommage qu'on soit si peu nombreuses, mais j'espère qu'en minorité, on fera entendre notre voix ». Malgré des obstacles, elle note que des hommes l'ont encouragée à se présenter, bien que des stéréotypes persistent sur son caractère.
Les Obstacles Structurels et Culturels
Isabelle Gajac, maire de Couthures, pointe du doigt les défis pratiques. « Dans nos petites communes, les indemnités ne suffisent pas à libérer du temps professionnel, ce qui décourage les actifs, surtout les femmes, de s'investir ». Régine Povéda, élue de Meilhan, dénonce quant à elle la nécessité d'une loi pour reconnaître les compétences féminines. « Il faut taper du poing sur la table pour prendre la parole, car certains hommes nous font comprendre qu'on n'a pas le droit de parler avant eux ».
Émilie Bayle, nouvelle maire de Clairac, ajoute une perspective nuancée. « Cette faible proportion n'est pas que la faute des hommes. C'est aussi notre responsabilité de percer le plafond de verre sur la question de la compétence ». Elle souligne que son premier mandat l'empêche de postuler à la présidence de l'agglomération, bien qu'elle ait accédé à un poste de vice-présidente.
Une Lueur d'Espoir Malgré les Défis
Malgré ces obstacles, les élues montrent une détermination à faire avancer la cause. Régine Povéda, récemment élue première vice-présidente de Val de Garonne, incarne cette résilience. Les nouvelles venues comme Isabelle Gajac, Lolita Gigan et Roxane Gilles, bien que novices, refusent de se laisser décourager et aspirent à un avenir plus équilibré.
En somme, la parité municipale à Val de Garonne reste un combat quotidien, où les progrès sont lents mais où la voix des femmes commence à se faire entendre, malgré les résistances culturelles et structurelles.



