Mondial 2026 : le plafond de verre des journalistes sportifs
Mondial 2026 : plafond de verre des journalistes sportifs

À l'approche de la Coupe du monde de football 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les journalistes sportives tirent la sonnette d'alarme. Selon une enquête de l'Association internationale de la presse sportive (AIPS), seules 10 % des accréditations pour les grands événements sportifs sont attribuées à des femmes. Un chiffre qui stagne depuis des années, malgré les promesses de parité.

Un constat alarmant sur l'accès aux compétitions

L'étude de l'AIPS, réalisée auprès de 1 200 journalistes de 90 pays, révèle que les femmes représentent à peine 12 % des effectifs dans les rédactions sportives. Pour les postes de reporters de terrain, le pourcentage chute à 8 %. « On nous cantonne souvent aux rôles de présentatrices en studio ou de chroniqueuses, mais dès qu'il s'agit d'aller sur le terrain, les portes se ferment », déplore Anne-Sophie, journaliste sportive à France Télévisions.

Les obstacles structurels et les stéréotypes

Plusieurs barrières expliquent cette sous-représentation. D'abord, le manque de modèles féminins dans le journalisme sportif, ce qui décourage les jeunes générations. Ensuite, les stéréotypes de genre persistent : « On entend encore que les femmes ne connaissent pas assez le sport ou qu'elles ne sont pas capables de gérer la pression des directs », ajoute Anne-Sophie. Les horaires décalés et les déplacements fréquents sont également cités comme des freins, notamment pour les mères de famille.

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Des initiatives timides pour inverser la tendance

Face à ce constat, la FIFA a lancé un programme de mentorat pour les femmes journalistes en 2023, mais les résultats tardent à se concrétiser. « Il ne suffit pas de former les femmes, il faut aussi changer les mentalités dans les rédactions », estime Marie-Cécile, présidente de l'association Femmes et Sport. De son côté, l'AIPS recommande d'imposer des quotas de femmes dans les équipes de reportage lors des grands événements. « Sans mesures contraignantes, on n'avancera pas », prévient-elle.

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Vers une prise de conscience collective ?

Le Mondial 2026 pourrait être un tournant. Plusieurs médias, comme L'Équipe et RMC, se sont engagés à augmenter la part de femmes dans leurs dispositifs. Mais pour les journalistes interrogées, le chemin est encore long. « On veut juste pouvoir travailler sur le terrain, comme nos confrères. Ce n'est pas une question de compétence, c'est une question d'opportunité », conclut Anne-Sophie. En attendant, les candidates aux accréditations pour 2026 espèrent que les promesses se traduiront en actes.