Jeu vidéo : recul de la féminisation des postes et violences sexistes
Jeu vidéo : recul de la féminisation et violences sexistes

Le milieu du jeu vidéo français traverse une crise de la féminisation de ses effectifs. Selon une étude du Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) publiée ce jeudi, la part des femmes dans l'emploi du secteur est passée de 22 % en 2022 à 19 % en 2024. Ce recul de trois points de pourcentage inquiète les syndicats, qui y voient un signe d'un environnement de travail encore peu inclusif.

Des chiffres alarmants sur la place des femmes

L'étude, réalisée auprès de 1 200 salariés du secteur, montre que les femmes sont sous-représentées dans les postes techniques et de direction. Elles ne représentent que 12 % des développeurs et 8 % des chefs de projet. En revanche, elles sont surreprésentées dans les fonctions support (RH, communication) où elles constituent 45 % des effectifs. Cette répartition inégale reflète des stéréotypes de genre persistants, selon le STJV.

Le syndicat souligne également que les femmes sont plus touchées par la précarité : 34 % d'entre elles sont en contrat à durée déterminée ou en freelance, contre 22 % des hommes. Cette différence s'explique en partie par des discriminations à l'embauche et des difficultés d'évolution de carrière.

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Violences sexistes : un phénomène qui perdure

L'enquête met en lumière la persistance des violences sexistes dans l'industrie. 41 % des femmes interrogées déclarent avoir subi des remarques sexistes au travail au cours des deux dernières années, et 15 % rapportent des faits de harcèlement sexuel. Ces chiffres sont en légère baisse par rapport à 2022 (respectivement 45 % et 18 %), mais restent préoccupants.

Le STJV note que les victimes hésitent encore à signaler ces violences : seules 30 % des femmes ayant subi du harcèlement ont déposé une plainte ou un signalement en interne. Les principales raisons invoquées sont la peur de représailles (42 %) et le manque de confiance dans les procédures de l'entreprise (38 %).

Des réponses insuffisantes des entreprises

Face à ces constats, le syndicat dénonce l'inaction des employeurs. Seules 45 % des entreprises du secteur ont mis en place un plan d'action contre les violences sexistes, et moins de 30 % proposent des formations à leurs salariés. "Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces résultats. L'industrie doit prendre ses responsabilités et instaurer des mesures concrètes pour garantir un environnement de travail sûr et égalitaire", a déclaré Marie Dupont, secrétaire générale du STJV, dans un communiqué.

Le syndicat appelle à une meilleure application de la loi, notamment en matière de signalement et de sanctions, ainsi qu'à des objectifs chiffrés de féminisation des recrutements. Il propose également la création d'un observatoire indépendant des violences sexistes dans le jeu vidéo.

Un secteur en pleine mutation

Ces révélations interviennent dans un contexte de croissance du marché du jeu vidéo en France, qui a généré 5,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023. Cependant, l'industrie est marquée par des scandales récents de sexisme et de harcèlement, notamment chez Ubisoft et Quantic Dream. Le STJV espère que ces nouvelles données inciteront les acteurs du secteur à agir pour améliorer l'inclusion et la diversité.

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