Jason Arday, qui fut le plus jeune professeur noir de l’université de Cambridge avant d’être accusé de plagiat, est décédé à l’âge de 39 ans. L’annonce de sa mort, survenue le 15 août 2026, a suscité une vague d’hommages de la part du monde académique et au-delà.
Un parcours exceptionnel et controversé
Né en 1987 à Clapham, dans le sud de Londres, Jason Arday avait été nommé professeur de sociologie de l’éducation à Cambridge en 2023, devenant ainsi le plus jeune professeur noir de l’histoire de cette institution. Son parcours, marqué par un diagnostic d’autisme et de retard de développement à l’âge de trois ans, avait été salué comme un exemple de résilience.
Avant Cambridge, Arday avait enseigné à l’université de Glasgow et à l’université de Durham. Il était également connu pour ses travaux sur la diversité dans l’enseignement supérieur et pour sa contribution à des ouvrages comme « Cool Britannia and Multi-Ethnic Britain ».
Les accusations de plagiat et la controverse
En 2024, une enquête du Times avait révélé que Jason Arday avait omis de citer des sources dans certains de ses articles et ouvrages. Ces révélations avaient conduit à une enquête interne à Cambridge, qui avait finalement disculpé le professeur, tout en reconnaissant des « erreurs de jugement » dans ses pratiques de citation.
Malgré ces controverses, Arday avait conservé son poste et continué à enseigner jusqu’à récemment. Selon le Guardian, il avait pris un congé pour raisons de santé avant son décès.
Des hommages unanimes
La nouvelle de sa mort a provoqué une avalanche d’hommages. L’université de Cambridge a publié un communiqué exprimant sa « profonde tristesse » et saluant « un chercheur brillant et un enseignant inspirant ». Le sociologue et ami de longue date, le professeur Patrick McGrath, a déclaré au Guardian : « Jason était un esprit lumineux, un homme d’une générosité rare. Il a brisé des barrières et inspiré des générations d’étudiants. »
Des figures politiques, comme le maire de Londres Sadiq Khan, ont également rendu hommage à « un pionnier qui a montré que rien n’est impossible ». Sur les réseaux sociaux, de nombreux étudiants et collègues ont partagé des souvenirs de son enseignement passionné et de son engagement pour l’égalité des chances.
Un héritage qui perdure
Jason Arday laisse derrière lui une œuvre académique importante, mais aussi un héritage symbolique fort. Son ascension, de Clapham à Cambridge, a été perçue comme un symbole de mobilité sociale et de diversité dans le monde universitaire britannique. Selon le Times, il avait récemment achevé un nouveau livre sur la décolonisation des programmes d’études, qui devrait être publié à titre posthume.
Sa mort, bien que prématurée, a relancé le débat sur la pression académique et la santé mentale des chercheurs. L’université de Cambridge a annoncé qu’elle allait créer une bourse à son nom pour soutenir les étudiants issus de milieux défavorisés. Jason Arday restera dans les mémoires comme un homme qui a défié les pronostics et ouvert la voie à une université plus inclusive.



