Clavicular, l'influenceur masculiniste, humilié par les Parisiennes
Clavicular humilié par les Parisiennes

Le week-end du 21 juin 2026, Clavicular, influenceur masculiniste américain de son vrai nom Braden Peters, a débarqué à Paris pour la Fête de la Musique. Dans les rues du Marais, il a installé son dispositif habituel : caméra allumée, abonnés en live, et la certitude que son physique et sa notoriété feraient le reste. Mais les Parisiennes l'ont ignoré. « On n'a pas le temps », a lancé l'une d'elles après avoir été abordée.

Un échec symbolique

Cet échec parisien pourrait n'être qu'une anecdote, mais il éclaire le personnage et le modèle économique que Clavicular incarne. En utilisant son corps et les controverses pour faire de l'audience, il a su dompter les algorithmes. Les discours masculinistes envahissent les plateformes numériques et les réseaux politiques. Selon le rapport du Sénat livré ce mercredi, « deux jeunes hommes sur trois âgés de 16 à 24 ans connaissent aujourd'hui un influenceur masculiniste ». Il faut moins de vingt-six minutes pour qu'un jeune homme se voie recommander en ligne des contenus masculinistes.

Portrait d'un influenceur radical

Clavicular, né le 17 décembre 2005 dans le New Jersey, est l'un des visages les plus controversés de ce mouvement. Dès 2010, il s'intéresse au « looksmaxxing », un concept dérivé de la sous-culture incel qui prône l'optimisation de l'attractivité masculine selon des canons virilistes. Il s'injecte des suppléments de testostérone dès l'âge de 14 ans, cachant cette pratique à ses parents pendant le confinement lié au Covid-19. Il passait jusqu'à 14 heures par jour en ligne sur des forums de looksmaxxing.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

En 2020, il perce sur TikTok et Kick, prodiguant des conseils pour « ascender », c'est-à-dire devenir plus attrayant pour gagner en pouvoir social. Il promeut des pratiques extrêmes comme le « bonesmashing » (frapper ses os avec un marteau), la prise de stéroïdes anabolisants et l'utilisation de crystal meth comme coupe-faim. En mai dernier, il a été filmé en train d'injecter de l'Aqualyx à sa petite amie de 17 ans pour remodeler sa mâchoire.

Antisémitisme et violences

En décembre 2025, une vidéo en direct sur Kick le montre percutant délibérément un passant au volant d'une Tesla Cybertruck. Quand une femme demande si la victime est morte, il répond « espérons-le ». En janvier 2026, des séquences filmées dans une boîte de nuit de Miami Beach le montrent aux côtés de Nick Fuentes, Andrew Tate et Sneako, chantant en chœur le titre antisémite Heil Hitler de Kanye West en faisant des saluts nazis.

En mars 2026, il est accusé de violences et de complicité de violence après avoir poussé sa petite amie à se battre avec une femme de 19 ans en live. Il passe une nuit en prison à Fort Lauderdale. Quelques semaines plus tard, il s'effondre en plein live dans une boîte de nuit et est hospitalisé d'urgence à la suite d'une overdose.

La leçon parisienne

À Paris, les jeunes femmes l'ignorent ou l'insultent. On lui vole son béret. Un restaurateur lui fait payer six euros un verre d'eau. Depuis ses échecs, l'influenceur se fait trasher sur les réseaux sociaux. Son looksmaxxing est qualifié de pratique de « looser », ses discours de « menace terroriste ». Laurence Rossignol, sénatrice PS ayant participé à la rédaction du rapport du Sénat sur le masculinisme, a évoqué son passage : « il a pris une bonne leçon, nous en sommes très fières. »

Braden Peters, lui, analyse : si les Parisiennes ont refusé ses avances, c'est « qu'elles doivent toutes être lesbiennes ». Il ajoute sur X : « Je pensais que les Français ne m'aimaient pas, mais en fait, ils sont juste des connards malpolis, pas de clim, économie pourrie, qualité de vie minable, je serais vénère aussi. » Et le 22 juin, il lance : « j'ai conquis la France plus vite que Napoléon. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale