Anaïs Le Menaheze : une cycliste bretonne en guerre contre les stéréotypes sur l'obésité
Anaïs Le Menaheze, âgée de 33 ans et originaire de Bretagne près de Nantes, pédale avec énergie sur son vélo, accompagnée de sa poule nommée Plume. Cette jeune femme sportive et rayonnante mène un combat déterminé contre les préjugés profondément ancrés concernant l'obésité. Avec malice et une joie de vivre contagieuse, elle diffuse un message puissant d'acceptation et de résilience.
Une première confrontation au Togo qui a forgé sa résilience
La première confrontation frontale avec le terme « grosse » est survenue au Togo, où on l'a saluée par un « bonjour la grosse ». Anaïs a encaissé cette remarque en riant, démontrant dès lors son caractère bien trempé. « Ahurissant, je venais de perdre 40 kg, se souvient-elle. J'ai été surprise mais pas vexée, j'ai bien vu que ça n'avait rien d'un jugement. C'était purement descriptif. Eh oui, je suis grosse, et alors ? » explique-t-elle avec franchise.
Cette Bretonne a toujours vécu avec un surpoids, qu'elle attribue à des facteurs génétiques. Dès l'âge de 10 ans, elle a commencé à surveiller son alimentation, soutenue par ses parents aimants au sein d'une fratrie soudée. « Cette histoire de surpoids, ça me suit, un truc génétique. Mes parents bataillaient, mais au fond, moi, je n'ai jamais été complexée. En vérité, je compensais en étant la super copine, la rigolote et en ayant toujours la pêche. Mon poids, c'était ma carapace pour me protéger », confie Anaïs.
Un diagnostic libérateur et un changement de perspective radical
À 30 ans, Anaïs consulte un centre spécialisé en obésité à Nantes, où elle reçoit un diagnostic d'obésité morbide, reconnue comme une maladie. Cette révélation a été un soulagement immense, lui ôtant une culpabilité portée depuis l'enfance. « Ce diagnostic m'a soulagée, m'a enlevé la culpabilité que je me traînais depuis l'enfance presque. Ce n'était ma faute », raconte-t-elle.
Elle adopte alors un régime de vie strict, combinant sport intensif et abstinence alimentaire, perdant 40 kg en un an et demi. Cependant, cette période s'est avérée éprouvante : « J'étais obsédée par la bouffe, je pesais tout, ça me prenait la tête. J'étais malheureuse, je ne voyais plus mes amis ». L'année suivante, elle reprend tout le poids perdu, rejetant fermement l'idée d'une chirurgie bariatrique.
Le défi Nantes-Lourdes à vélo : un acte militant et symbolique
Il y a deux ans, sur un coup de tête, Anaïs lance un défi audacieux pour combattre les préjugés : parcourir les 800 kilomètres séparant Nantes de Lourdes à vélo. Le choix de Lourdes est à la fois personnel, son frère y résidant, et symbolique, jouant sur les mots. Elle accomplit cet exploit en douze jours, filmé par l'Association pour la prise en charge et la prévention de l'obésité en pédiatrie (APOP).
« J'ai toujours été sportive, je bouge tout le temps, mon poids ne m'a jamais empêchée. Le manque de volonté ? Suivez-vous, vous verrez », lance-t-elle avec défi. Son périple, désormais connu sous le nom de « le défi d'Anaïs », est devenu une référence diffusée par les centres spécialisés.
Un nouveau voyage avec Plume la poule : 3 000 km de sensibilisation
L'été dernier, Anaïs a repris la route pour un voyage encore plus ambitieux : cinq mois et 3 000 kilomètres à vélo, cette fois accompagnée de sa poule Plume. Ce compagnon insolite ajoute une touche de légèreté et de symbolisme à son combat. Technicienne d'intervention sociale et familiale de métier, Anaïs témoigne inlassablement dans les hôpitaux, les écoles et les centres spécialisés, partageant son expérience et son sourire magistral.
« Le regard des gens, je m'en fiche, j'ai toujours fait avec mais je sais combien d'autres souffrent de ces préjugés, et ça me fiche en colère. On est gros parce qu'on est faibles, flemmards et qu'on mange trop ? » s'indigne-t-elle. À travers ses aventures cyclistes, Anaïs Le Menaheze incarne une lutte joyeuse et déterminée contre les stéréotypes, prouvant que le poids n'est pas un frein à l'épanouissement et à l'activité physique.



