Rentrée scolaire à Milhaud : une situation tendue pour les équipes enseignantes
La rentrée dans les écoles élémentaire et maternelle de Milhaud, dans le Gard, a placé les équipes pédagogiques en état d'alerte. Malgré l'absence de suppression de classe annoncée, les directeurs des établissements font face à des défis de taille, entre incertitudes sanitaires et manque de moyens humains.
Un contexte sanitaire flou et des postes non pourvus
« À ce jour, nous avons 330 élèves inscrits et 14 classes ouvertes, ainsi qu'une section pour les enfants des familles itinérantes », explique Harry Kowalczyk, directeur de l'école élémentaire Jean-de-la-Fontaine. « 2021 est une rentrée assez spéciale, marquée par la crise sanitaire pour la deuxième année consécutive. Nous espérions voir le bout du tunnel, mais nous avons reçu un protocole pendant l'été avec des annonces parcellaires du ministre. Nous sommes un peu dans le flou. C'est une rentrée sous le signe du système D. »
Le directeur dresse un tableau préoccupant : « On commence l'année avec deux classes sans enseignants. J'espère avoir des informations positives avant jeudi. » La création d'un Pial (pôle inclusif d'accompagnement localisé), dont il assure la coordination, est également affectée par des réductions de personnel. « J'ai appris ce matin que j'avais une AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) en moins. Nous avons de gros besoins sur Milhaud. Je me bats depuis un an pour la création d'une classe spécialisée dans notre école, car de nombreux Milhaudois doivent envoyer leurs enfants dans des classes spécialisées à Nîmes. »
Des effectifs en hausse et des suppressions de postes critiques
Du côté de l'école maternelle Antoine-de-Saint-Exupéry, Yannick Béart, qui vient de prendre la direction, anticipe une augmentation significative des inscriptions. « Nous avons à ce jour 180 inscrits, mais je m'attends à avoir aux alentours de 195 enfants. Avec les enfants des nouvelles familles des constructions neuves, les enfants du voyage, des forains, et ceux dont les parents sont encore en vacances, je m'attends à recevoir 20 à 25 élèves de plus, ce qui correspond à une classe. »
Cette hausse s'accompagne de menaces sur les ressources humaines. « Aux dernières nouvelles, on nous supprimerait un Atsem, ce qui pour nous serait catastrophique, car nous avons deux protocoles – sanitaire et Vigipirate renforcé – à respecter rigoureusement. Sans cet Atsem, je serais dans l'impossibilité de les appliquer. J'attends des nouvelles de la mairie. »
Yannick Béart souligne les besoins spécifiques de son établissement : « Nous avons des enfants de 3 ans qui ne sont pas encore propres et aussi des enfants avec un handicap. Nous sommes malheureusement dans une situation tendue. »
Les directeurs des écoles de Milhaud appellent ainsi à une mobilisation des autorités pour garantir des conditions d'apprentissage stables et sécurisées, dans un contexte où les incertitudes pèsent lourdement sur la rentrée scolaire.



