Rentrée scolaire à Alès : une adaptation nécessaire face au protocole sanitaire
Jeudi matin, à l'école primaire Romain-Rolland de Clavières, dans la ville d'Alès dans le Gard, la rentrée des classes s'est effectuée sous le signe du Covid-19, marquant la deuxième édition de cette rentrée particulière. Sur le portail de l'établissement, les consignes de rentrée étaient clairement affichées, rappelant le protocole de niveau 2 en vigueur. Les élèves du primaire ont fait leur retour en classe avec, dans leurs cartables, le respect des gestes barrières comme compagnon de route obligatoire.
Une organisation anticipée malgré les incertitudes
L'établissement accueille près de 200 élèves, encadrés par l'enseignante Julie Monier et la directrice nouvellement nommée, Émilie Fidry. Cette dernière explique : "La première année, il y avait plus d'appréhension car nous étions face à l'inconnu. Là, nous avons pu anticiper sur le plan de l'organisation même si nous n'avons été informés du protocole il y a seulement quelques jours." Elle souligne que l'impact de cette scolarité atypique "dépend de chacun et de la sensibilité des enfants", ajoutant que si l'accompagnement à distance a fonctionné, c'est le manque de contact avec les copains et la difficulté à retrouver le chemin de l'école qui ont été éprouvants.
Les consignes étaient strictes : un seul accompagnant par enfant pour les entrées en CP, CE1 et pour les nouveaux inscrits. Les autres élèves ont dû lâcher la main de leurs parents, principalement des mères, dès leur accueil. Les enfants se sont levés tôt, guidés par les notes de Polo & Pan, sous le regard de parents aussi anxieux qu'eux, conscients de la contrainte majeure : porter le masque en salle de classe.
Les réactions des familles : entre résignation et adaptation
Nadia Ibn'Hammou, mère de Wassim, 5 ans, qui rentre en CP, confie : "On n'a pas le choix mais ce ne sera pas évident pour échanger avec la maîtresse." De son côté, Isabelle Peytavin, accompagnant Marilou, 6 ans, et Marceau, 8 ans, déclare : "À la maison, nous avons beaucoup échangé autour de cette question du Covid et il n'y a pas spécialement d'appréhension. Mes enfants ont appris à respecter les gestes barrières, à se laver les mains, à porter le masque." Cependant, elle avoue que l'école à la maison "ne reste pas un bon souvenir" et que le défi de cette rentrée est de ne pas pouvoir se couper en deux.
Parmi les nouveaux venus, Havin, 6 ans, vit une journée doublement particulière, car c'est son anniversaire. Sa mère, Sonia Demir, partage cette information, tandis que la fillette, qui adore l'école, rétorque : "C'est cool, c'est bien car comme ça, on a un métier", souhaitant devenir ongleuse plus tard. Le goût du savoir et de l'école est un point commun chez les enfants rencontrés ce matin-là : Hana, 7 ans, adore les maths ; Helin, 8 ans, aime travailler mais préfère le sport, déclarant "j'adore faire des courses" ; et Marceau apprécie les mathématiques et l'école en général, car "on peut aussi s'y amuser avec des copains".
Le stress des parents : un virus d'amour maternel
À 9 heures, la grille de l'école se referme, et les parents jettent un dernier coup d'œil à leurs enfants. Nadia Ibn'Hammou exprime un sentiment partagé par beaucoup : "Finalement, c'est nous qui sommes les plus stressées. On a l'impression que c'est nous qui rentrons. C'est comme lors des examens, je stresse comme si c'est moi qui les passais." Elle ajoute, avec une pointe d'humour : "Ça, c'est un autre virus : l'amour d'une mère."
En matinée, Max Roustan, maire d'Alès, Christophe Rivenq, premier adjoint, et Christian Chambon, l'élu à l'éducation, ont visité l'établissement pour s'assurer du bon déroulement de cette rentrée sous contraintes sanitaires. Derrière les masques, les mêmes rires et pleurs qu'à l'accoutumée persistent, témoignant de la résilience des enfants et de l'adaptation continue des familles et du personnel éducatif face à cette pandémie.



