Rentrée 2025 à Montpellier : un professeur devant chaque classe malgré les postes vacants
Rentrée 2025 : un prof par classe à Montpellier malgré les difficultés

Rentrée scolaire 2025 : l'académie de Montpellier garantit un professeur devant chaque classe

Alors que les vacances d'été viennent à peine de commencer, les affectations pour la rentrée scolaire 2025 sont déjà finalisées dans l'académie de Montpellier. Une question récurrente se pose chaque année : y aura-t-il un enseignant devant chaque classe en septembre ? Pour Isabelle Chazal, secrétaire générale de l'académie de Montpellier, la réponse est catégoriquement positive, malgré des chiffres nationaux qui pourraient laisser penser le contraire.

Une situation nationale contrastée avec des postes non pourvus

Selon les résultats des concours de recrutement publiés par le ministère de l'Éducation nationale début juillet, 1 774 postes dans le public et 278 dans le privé n'ont pas été pourvus sur les 27 155 proposés aux concours. Ce chiffre représente cependant une amélioration par rapport à 2024 où près de 3 200 postes étaient restés vacants, et à 2022 où ce nombre avait atteint 4 000.

Le ministère préfère voir le verre à moitié plein, constatant "une baisse du nombre de postes non pourvus". Cette situation "confirme la nécessité de la réforme du recrutement et de la formation initiale des enseignants", selon les services de la rue de Grenelle.

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Une réforme contestée du recrutement

À partir de la rentrée 2026, une licence pluridisciplinaire préparatoire au professorat des écoles permettra aux étudiants de suivre un parcours professionnalisant. Les concours de l'enseignement seront dorénavant ouverts dès le niveau bac + 3, une évolution qui vise à attirer davantage de candidats.

Mais cette réforme ne fait pas l'unanimité. "Ils brandissent la réforme comme un totem d'immunité, sauf que ce n'est pas la solution. Un concours à bac plus trois, c'est un statut tiré vers le bas. Ça ne répondra pas à la crise des vocations", dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat SNES-FSU.

La situation des disciplines déficitaires s'améliore légèrement pour certaines spécialités :

  • Lettres classiques : 66,7% de postes pourvus contre 63,3% en 2024
  • Allemand : 77,2% contre 45,5%
  • Physique-chimie : 74,5% contre 66,9%
  • Éducation musicale et chant choral : 83,2% contre 73%

Mais pour Sophie Vénétitay, "on ne peut pas se réjouir qu'un déficit s'améliore ! Ces chiffres montrent une seule chose, c'est que la 7e puissance mondiale est incapable de recruter des enseignants ! Cette crise est structurelle".

Des difficultés concentrées dans certaines académies

Les problèmes de recrutement ne concernent pas uniformément l'ensemble du territoire. Trois académies en particulier – Créteil, Guyane et Versailles – concentrent la majorité des difficultés. En réalité, ce sont 2 610 postes qui sont vacants si l'on réintègre ceux des concours externes supplémentaires organisés pour ces académies en crise.

"Il n'y aura donc toujours pas un prof devant chaque classe", assure Sophie Vénétitay qui voit mal comment les remplacements seront possibles dans les semaines qui viennent. "On continue à faire du bricolage".

Montpellier : une académie qui fait exception

Contrairement à ces situations difficiles, la rentrée s'annonce "sereine" dans l'académie de Montpellier selon Isabelle Chazal. Cette situation favorable s'explique notamment par la baisse démographique qui se traduit dans le premier degré par une réduction modérée des effectifs, avec seulement 10 postes en moins.

Le second degré bénéficie quant à lui de 28 emplois supplémentaires, accompagnant l'ouverture de deux nouveaux collèges à Juvignac et Maraussan. Dans le cadre du plan de tranquillité scolaire, 10 conseillers principaux d'éducation et 32 assistants d'éducation sont déployés, tandis que 95 accompagnants d'élèves en situation de handicap ont été recrutés.

L'académie se distingue par son attractivité et sa stabilité, avec moins de temps partiels et de départs. Le recours aux contractuels sera "moindre" qu'en 2024, quand 180 avaient été recrutés. Sur les 337 postes ouverts, tous ont été pourvus via la liste principale, "avec une moyenne supérieure à 11, ce qui est très honorable".

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Un accompagnement renforcé pour les nouveaux enseignants

Les affectations des stagiaires sont en cours avec un accompagnement renforcé prévu sur la gestion de classe ou les questions disciplinaires. "Les entretiens sont exigeants, le tutorat est systématiquement proposé, et les contractuels ont accès à toutes les formations destinées aux titulaires", précise l'académie.

La majorité des stagiaires ont obtenu leurs vœux 1 ou 2. "Quelques cas d'insatisfaction sont possibles, mais dans l'ensemble, la répartition répond aux attentes".

À la rentrée, "chaque classe sera donc encadrée par un enseignant titulaire ou stagiaire lauréat". Ou ponctuellement, un contractuel dans les disciplines sous tension que sont les lettres modernes, l'EPS ou le génie électrotechnique, et notamment en psychologie scolaire.

Des craintes persistantes malgré les assurances

Pour autant, à l'approche des arbitrages budgétaires, "il est crucial que l'Éducation nationale ne soit pas une nouvelle fois pénalisée. L'école est à un point critique", pointe Sophie Venétitay, qui craint "une rentrée 2025 du bricolage".

Des signaux positifs sur les orientations budgétaires de François Bayrou le 15 juillet sont très attendus. Pour le syndicat, "on s'habitue à cette chute, comme on s'habitue au dérèglement climatique, en se disant que ça finira par passer !".

Le syndicat rappelle des situations concrètes : "Au bac, des élèves se sont présentés à l'oral de français avec un mot d'excuse pour se justifier. Leur professeur n'a jamais été remplacé…".

Malgré ces inquiétudes, l'académie de Montpellier maintient ses assurances : des ajustements se poursuivront durant l'été avec pour objectif "de finaliser 99% des affectations d'ici le 11 juillet. Passé le 18 août, seules des retouches marginales seront nécessaires". Une liste complémentaire de 20 candidats est également constituée, mais elle sera absorbée, promet-on.