Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a opposé une fin de non-recevoir à la demande du maire de Vichy, Frédéric Aguilera, qui exigeait la disparition de l'expression « régime de Vichy » des programmes scolaires. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, ce mercredi 1er juillet, le ministre a rappelé que la terminologie utilisée par les historiens n'a pas vocation à être modifiée par les seuls programmes de l'Éducation nationale.
Une polémique née du brevet des collèges
La controverse a éclaté en début de semaine après la diffusion d'un sujet du brevet d'histoire-géographie invitant les collégiens à « présenter les caractéristiques du régime de Vichy ». Dans une lettre ouverte adressée au ministre, le maire de Vichy a réclamé une évolution « des programmes et des sujets d'examen afin que nos enfants apprennent d'abord que ce régime s'appelait l'État français ».
Frédéric Aguilera a insisté sur le fait que ce n'était pas un détail administratif, mais un choix politique : « En abandonnant volontairement le nom de République française, le maréchal Pétain et son gouvernement affirmaient leur volonté de rompre avec la République, ses institutions et ses valeurs. » Depuis son élection en 2014, l'édile a fait de cette sémantique son cheval de bataille, réagissant systématiquement dès que sa commune est associée aux dérives de l'« État français ».
Le ministre défend une convention historique
Devant les députés, Edouard Geffray a balayé l'argument en rappelant qu'il s'agissait d'« une convention historique assez banale que d'associer un lieu géographique à un événement qui s'y est produit ou à un endroit d'où il a été administré ». Il a cité des exemples comme la bataille de Verdun, la bataille de Dunkerque, les accords de Munich ou les lois de Nuremberg, précisant qu'on n'assimile pas ces villes à ces événements historiques effrayants.
Le ministre a également souligné que « le régime de Vichy est qualifié comme tel par les historiens, d'ailleurs à l'époque aussi par le général de Gaulle, donc on n'est pas sur une nomenclature nouvelle ». Il a conclu par une mise au point mémorielle : « En revanche, il est bien clair que le régime de l'État français, ou le régime de Vichy, était bien une trahison nationale et collective et que rien ne saurait évidemment réduire cette période de trahison ni à la seule ville de Vichy, ni a fortiori à ce qu'elle est aujourd'hui. »



