Lodève : Les parents en colère contre la menace de fermeture de classes maternelles
Ce vendredi en fin d'après-midi, une manifestation a rassemblé des parents d'élèves dans la cour de la mairie de Lodève, dans l'Hérault. Ils expriment une vive inquiétude face au risque de suppression de classes dans deux des trois écoles maternelles de la ville pour la rentrée prochaine, en raison d'effectifs jugés insuffisants.
Une situation déjà tendue qui pourrait devenir ingérable
Les représentants élus des parents des écoles Prémerlet et Fleury ont organisé ce rassemblement après avoir alerté la Ville et l'Éducation nationale. Joris Mathé et Géraldine Crepel, porte-parole des deux établissements concernés, ont précisé : "L'inspectrice de la circonscription de Lodève, Chrystel Chauvin, a confirmé nos craintes. Cela touche Prémerlet et Fleury, qui ont aujourd'hui chacune trois classes de maternelles pour une cinquantaine d'enfants."
La suppression d'un poste d'enseignant entraînerait aussi celle d'un poste d'Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Les conséquences seraient dramatiques : deux classes se retrouveraient avec 25 à 26 élèves de moins de 6 ans. En cas d'absence d'un enseignant difficilement remplaçable, cela signifierait un professeur devant gérer plus de 50 jeunes enfants. "C'est juste impossible pour fonctionner", insistent les parents.
Des enjeux cruciaux pour le quartier prioritaire
La mobilisation dépasse le simple cadre scolaire. Elle vise à défendre le rôle de l'école publique dans le Quartier Prioritaire de Lodève. Audrey Maurice, représentante élue des parents de l'école élémentaire Prémerlet, rappelle : "Nous nous étions déjà mobilisés l'an dernier pour sauver une classe qui avait fermé. La suppression d'une maternelle aurait par ricochet une conséquence sur le primaire."
Elle souligne un problème de mixité depuis le changement de la carte scolaire : "Dans un Quartier prioritaire où la moyenne ne doit pas dépasser 22 élèves par classe, nous avons beaucoup d'enfants en difficulté et à besoins spécifiques." Cette situation rend la perspective de classes surchargées particulièrement préoccupante.
Une mobilisation qui s'organise et trouve des soutiens
Face à cette menace, les parents ne restent pas inactifs. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 500 signatures en une semaine, montrant un large soutien à leur cause. De plus, ils ont pris contact avec la directrice de l'école Fleury et plusieurs parlementaires pour travailler ensemble à une solution.
Du côté municipal, Damien Rouquette, le nouveau premier adjoint, indique : "Dès notre arrivée, nous ferons un point avec les affaires scolaires pour soutenir cette mobilisation." Il n'exclut pas de revenir sur la sectorisation de la carte scolaire, une piste qui pourrait permettre de rééquilibrer les effectifs et d'éviter les fermetures.
Cette mobilisation illustre les défis auxquels font face les écoles des territoires ruraux et des quartiers prioritaires, où chaque fermeture de classe peut avoir des répercussions profondes sur la qualité de l'enseignement et la vie du quartier.



