Parcoursup : un système qui génère de l'angoisse
Alors que les inscriptions sur Parcoursup ont débuté ce lundi, le sociologue Alban Mizzi, auteur d'une thèse sur la gestion émotionnelle de cette plateforme, tire la sonnette d'alarme. Selon lui, il est « fou de laisser un ado seul face à 24 000 formations ». Dans un entretien, il décrit quatre profils de candidats et leurs modes de fonctionnement, tout en soulignant les conséquences sur leur avenir.
Les quatre profils de candidats
Alban Mizzi distingue quatre types de lycéens face à Parcoursup : les stratèges, qui planifient minutieusement leurs choix ; les anxieux, submergés par le stress ; les désinvoltes, qui prennent la procédure à la légère ; et les suiveurs, qui s'en remettent aux conseils de leur entourage. Chacun réagit différemment à la pression, mais tous sont confrontés à une complexité croissante.
Un accompagnement insuffisant
Le sociologue déplore le manque de soutien institutionnel. « Les lycéens sont souvent livrés à eux-mêmes, avec des conseillers d'orientation débordés et des parents parfois dépassés », explique-t-il. Il recommande de parler à des conseillers, aux professeurs, aux parents et à ceux qui ont déjà vécu l'expérience pour ne pas rester isolé avec son angoisse.
Des conséquences sur l'avenir
Au-delà du stress immédiat, Parcoursup peut influencer durablement le parcours des jeunes. Les choix effectués sous pression mènent parfois à des orientations subies, voire à des abandons en cours de formation. « Il est essentiel de prendre le temps de la réflexion et de ne pas céder à la panique », insiste Alban Mizzi.
Des pistes pour améliorer le système
Pour remédier à ces difficultés, le sociologue suggère de renforcer l'orientation dès le collège, de simplifier l'interface de Parcoursup et de multiplier les points d'écoute pour les élèves. Il appelle également à une meilleure formation des enseignants à l'accompagnement des choix d'orientation.
En attendant, les inscriptions se poursuivent jusqu'en mars. Les candidats sont invités à consulter les ressources disponibles et à ne pas hésiter à solliciter de l'aide. Comme le rappelle Alban Mizzi, « l'orientation ne doit pas être une source de souffrance, mais une étape constructive vers l'avenir ».



