La Commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES), surnommée la commission de la deuxième chance, joue un rôle crucial pour les lycéens qui n'ont reçu aucune proposition d'admission sur Parcoursup. Chaque année, des milliers de jeunes se retrouvent sans affectation à l'issue de la procédure principale. La CAES, composée de représentants de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, se réunit pour examiner ces dossiers et proposer des solutions.
Le fonctionnement de la CAES
La CAES intervient après la phase principale de Parcoursup, généralement à partir de la mi-juillet. Les lycéens concernés sont ceux qui n'ont pas accepté de proposition ou qui ont refusé toutes les offres. La commission examine les vœux non satisfaits et les profils des candidats, en tenant compte de leurs résultats scolaires, de leur motivation et des places disponibles dans les formations. Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, en 2023, environ 15 000 lycéens ont été concernés par cette procédure.
Les membres de la CAES, issus de différentes académies, travaillent en étroite collaboration avec les recteurs et les établissements d'enseignement supérieur. Ils peuvent proposer des réorientations vers des filières similaires ou des formations en apprentissage. L'objectif est d'éviter que des jeunes se retrouvent sans solution à la rentrée.
Des cas concrets et des témoignages
Parmi les dossiers examinés, on trouve des élèves aux profils variés. Certains ont postulé dans des filières très sélectives, comme les classes préparatoires aux grandes écoles ou les études de santé, sans succès. D'autres ont fait des choix stratégiques mais se sont retrouvés sans proposition en raison d'un manque de places. "J'avais postulé dans cinq licences de droit, mais je n'ai eu aucune réponse positive. La CAES m'a proposé une licence en sciences politiques, ce qui m'a permis de rebondir", témoigne un lycéen ayant bénéficié de cette commission.
La CAES s'appuie également sur les données de Parcoursup pour identifier les formations qui ont encore des places vacantes. En 2023, plus de 80 % des lycéens ayant sollicité la CAES ont obtenu une proposition d'admission, selon le ministère. Ce taux de succès encourageant montre l'efficacité du dispositif.
Les critiques et les limites du système
Malgré son utilité, la CAES est parfois critiquée pour son manque de transparence et la lourdeur administrative. Certains syndicats étudiants estiment que la commission arrive trop tard et que les propositions ne correspondent pas toujours aux souhaits initiaux des candidats. "La CAES est une solution de dernier recours, mais elle ne résout pas le problème de fond : le manque de places dans certaines filières", dénonce un représentant de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF).
De plus, la pression psychologique sur les lycéens est forte. L'attente d'une décision peut générer de l'anxiété, d'autant que la CAES n'est pas une procédure automatique : les candidats doivent en faire la demande via Parcoursup. Une fois leur dossier accepté, ils reçoivent une proposition qu'ils doivent accepter ou refuser rapidement.
Perspectives d'évolution
Le gouvernement réfléchit à des améliorations pour rendre la CAES plus réactive et mieux adaptée aux besoins des étudiants. Parmi les pistes évoquées : un élargissement des critères de sélection et une meilleure communication avec les lycéens. L'objectif est de réduire le nombre de jeunes sans affectation et de garantir à chacun une place dans l'enseignement supérieur.
En attendant, la CAES reste un filet de sécurité essentiel pour des milliers de bacheliers chaque année. Son rôle de "deuxième chance" permet d'éviter des situations de décrochage et de favoriser l'égalité des chances dans l'accès aux études supérieures.



