À Nîmes, des parents manifestent contre la restriction de l'instruction en famille
Nîmes : parents mobilisés pour l'instruction en famille

À Nîmes, des parents se mobilisent pour défendre le droit à l'instruction en famille

Devant la Direction des services départementaux de l'éducation nationale du Gard (DSDEN), une manifestation a rassemblé parents et enfants le lundi 7 juillet 2025. Cette mobilisation fait suite au refus systématique de nombreuses familles gardoises souhaitant instruire leurs enfants à domicile.

Des refus injustifiés selon les familles

Guillemette Ollivier, mère de sept enfants et membre du Collectif IEF 30 (Instruction en famille), exprime son incompréhension : "Je ne vois pas l'intérêt de priver des familles du droit d'instruire leurs enfants". Elle souhaitait continuer à scolariser à la maison ses deux dernières filles, des jumelles entrant en moyenne section, mais le rectorat a rejeté sa demande au motif qu'il "n'existe pas de situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif".

Des dizaines d'autres familles du Gard ont reçu des lettres similaires, souvent sans justification détaillée. Pourtant, comme le souligne Guillemette Ollivier, "les inspecteurs de l'éducation nationale avaient validé la pédagogie de beaucoup de ces familles dont les enfants avaient acquis le socle commun".

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Un changement législatif controversé

Pour comprendre cette situation, il faut remonter à la loi Ferry de 1882 qui établit que l'instruction, bien qu'obligatoire, peut être donnée "soit dans les établissements d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles". Cependant, depuis la rentrée 2022, l'instruction en famille nécessite désormais une autorisation préalable et non plus une simple déclaration.

Ce changement législatif s'inscrit dans la volonté du président Emmanuel Macron de lutter contre la radicalisation et le séparatisme. La nouvelle réglementation restreint considérablement l'instruction en famille, la limitant à quelques cas particuliers jugés acceptables par l'administration.

Une baisse significative des effectifs

Les conséquences de cette politique sont déjà visibles dans les chiffres. Selon la Cour des comptes, dans l'académie de Montpellier, seulement 1 373 enfants étaient scolarisés à la maison cette année, contre 4 332 en 2021-2022. Cette chute spectaculaire illustre l'impact des nouvelles restrictions sur les familles pratiquant l'instruction à domicile.

Défendre une approche éducative différenciée

Guillemette Ollivier insiste sur le fait que l'école à la maison ne constitue pas une opposition frontale à l'éducation nationale : "Il n'y a pas de système tout noir ou tout blanc. Nous, on veut juste celui qui correspond le mieux aux besoins de nos enfants". Les familles mobilisées dénoncent ce qu'elles perçoivent comme une standardisation excessive de l'éducation, incapable de s'adapter à la diversité des profils et des besoins éducatifs.

La manifestation du 7 juillet devant la DSDEN du Gard visait donc à alerter l'opinion publique et les autorités sur les conséquences concrètes de cette politique éducative. Les parents demandent plus de souplesse et de reconnaissance pour les approches pédagogiques alternatives, arguant que l'éducation ne peut se réduire à un modèle unique imposé à tous les enfants.

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