Nîmes : le lycée Hemingway en grève après l'agression d'une enseignante poignardée dans le Var
Les professeurs et personnels du lycée Hemingway à Nîmes ont débrayé ce jeudi en début d'après-midi, rassemblés dans la cour centrale de l'établissement. Cette mobilisation exprime leur émotion et leur solidarité après l'agression violente d'une enseignante en arts plastiques à Sanary-sur-Mer dans le Var, survenue le 3 février.
Une réponse à une agression choquante
À 14 heures précises, les enseignants et personnels du lycée Hemingway, qui compte 1 400 élèves et étudiants, ont cessé le travail. "On refuse de faire cours, en réponse à l'agression de notre collègue professeur en arts plastiques à Sanary-sur-Mer dans le Var qui est aujourd'hui entre la vie et la mort", ont déclaré Margot, professeur d'EPS, Aurélia, documentaliste, et Eric, professeur de SVT.
L'enseignante de Sanary-sur-Mer, âgée de 60 ans, a été poignardée à plusieurs reprises par un élève de 14 ans dans sa propre classe. Cette nouvelle agression a provoqué un immense émoi dans toute la communauté éducative française, bien au-delà du seul département du Var.
Un profond désarroi des enseignants
Au lycée Hemingway, cette mobilisation, préparée dans l'urgence, est le signe d'un profond désarroi des enseignants et personnels. "Ici au lycée Hemingway, nous avons des élèves de plus en plus fragilisés par la vie, d'autres qui ont de gros problèmes à l'extérieur ou de santé mentale", constate Eric, l'un des professeurs mobilisés.
Les personnels présents ont tenu à alerter sur leurs conditions de travail : "Nous avons des classes avec 37 élèves. Et on manque d'assistants d'éducation. On n'a plus d'infirmier, l'assistante sociale est sur plusieurs établissements. Il y a un manque de moyens humains pour faire attention à nos élèves", insistent Aurélia, Eric et Margot.
Un sentiment d'isolement et d'inquiétude
Les enseignants du lycée Hemingway expriment un sentiment d'abandon face à des situations complexes : "Et cela concerne tous les lycées. Nous, nous sommes dans la transmission du savoir. Et nous nous sentons seuls. Il y a un manque d'accompagnement à ces élèves. Cela pourrait basculer à tout moment…"
Cette situation de tension permanente met en péril à la fois les élèves et les adultes de la communauté éducative. "Tout cela met en péril les élèves et les adultes de la communauté d'éducation. Et nous sommes inquiets pour l'avenir de l'éducation nationale", concluent les personnels mobilisés.
La grève du lycée Hemingway s'inscrit dans un mouvement plus large de préoccupation au sein de l'éducation nationale, après plusieurs incidents violents ces dernières années. Les enseignants réclament plus de moyens humains et un meilleur accompagnement des élèves en difficulté pour prévenir de telles tragédies.



