Un professeur de l'université de Cambridge a présenté sa démission, après avoir été accusé de plagiat dans ses travaux de recherche. Dans sa lettre de démission, il affirme être victime d'un « harcèlement raciste » de la part de ses pairs et de l'administration. Cette affaire, révélée par le journal The Guardian, relance le débat sur les discriminations au sein des prestigieuses institutions académiques britanniques.
Un chercheur émérite contraint de quitter ses fonctions
Le professeur, dont l'identité n'a pas été divulguée pour le moment, était en poste depuis plusieurs années au sein du département d'histoire de l'université. Il a été accusé d'avoir repris sans citation des passages entiers d'ouvrages d'autres chercheurs dans ses publications. Une enquête interne avait été ouverte, et le comité d'éthique avait recommandé des sanctions disciplinaires.
Dans sa lettre de démission, le professeur conteste fermement ces accusations, affirmant que les similitudes relevées sont le fruit de coïncidences ou de l'utilisation de sources communes. Il estime que « la procédure a été biaisée dès le départ » et que les accusations ont été « instrumentalisées par des collègues hostiles » en raison de ses origines ethniques.
Une lettre qui dénonce un climat hostile
Le chercheur écrit notamment : « Je suis un universitaire noir, et j'ai toujours dû prouver ma légitimité dans un environnement qui ne m'a jamais pleinement accepté. Cette accusation de plagiat est un prétexte pour me faire taire et me pousser dehors. » Il ajoute que « le harcèlement raciste a été constant, des remarques désobligeantes sur ma façon de parler aux micro-agressions dans les réunions de département ».
Selon des sources proches du dossier, le professeur aurait déjà signalé à plusieurs reprises des comportements discriminatoires à la direction des ressources humaines, sans que des mesures concrètes ne soient prises. Il affirme que « l'université a préféré protéger sa réputation plutôt que de traiter le problème de fond ».
L'université de Cambridge réagit
Dans un communiqué, l'université de Cambridge a confirmé la démission du professeur, tout en prenant ses distances avec les allégations de racisme. « L'université prend très au sérieux toutes les allégations de discrimination et de harcèlement. Nous avons des procédures claires pour traiter ces plaintes, et nous les appliquons rigoureusement », a déclaré un porte-parole.
L'université a également précisé que l'enquête sur le plagiat avait suivi « les règles académiques en vigueur » et que le professeur avait eu l'opportunité de présenter sa défense. « Nous regrettons que le professeur ait choisi de démissionner plutôt que de poursuivre la procédure », a ajouté le porte-parole.
Un débat plus large sur les discriminations dans le milieu académique
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience des discriminations raciales dans les universités britanniques. Une étude récente menée par l'Université de Londres a montré que les professeurs issus des minorités ethniques ne représentent que 15 % du corps enseignant dans les universités du pays, alors qu'ils constituent près de 20 % de la population active. De plus, ils sont plus souvent victimes de plaintes disciplinaires que leurs collègues blancs, selon les données du Higher Education Statistics Agency (HESA).
Des associations étudiantes et des syndicats enseignants ont appelé à une réforme en profondeur des procédures disciplinaires, afin de garantir une plus grande transparence et une meilleure prise en compte des biais inconscients. « Il est inacceptable que des universitaires talentueux soient poussés vers la sortie à cause de préjugés raciaux », a déclaré un représentant du syndicat University and College Union.
Un précédent qui interpelle
Ce n'est pas la première fois qu'un professeur de Cambridge démissionne en invoquant le racisme. En 2020, une professeure d'anthropologie avait déjà quitté ses fonctions après avoir dénoncé des « micro-agressions répétées » de la part de ses collègues. Cependant, l'affaire actuelle est particulièrement sensible car elle mêle des accusations de plagiat, une faute académique grave, et des allégations de discrimination.
Le professeur démissionnaire a annoncé qu'il comptait saisir le tribunal du travail pour contester les conditions de son départ. Il demande également une révision complète de l'enquête pour plagiat, estimant que les experts mandatés n'étaient pas impartiaux. « Je ne me laisserai pas faire. Je me battrai pour laver mon honneur et pour que plus jamais un universitaire noir ne soit traité de la sorte », a-t-il conclu dans sa lettre.



