À Nîmes, les élèves de Paul-Langevin honorent la mémoire de la Shoah lors de leur semaine de la Culture
Les écoliers de l'école Paul-Langevin à Nîmes ont ouvert leurs portes aux parents durant toute une semaine dédiée à la culture, dévoilant des travaux pédagogiques d'une profondeur remarquable, dont un projet émouvant consacré à la mémoire de la Shoah. Cette initiative, organisée par l'équipe enseignante, permet aux familles de découvrir les réalisations artistiques et historiques de leurs enfants, fruit d'un travail annuel minutieux.
Un projet Mémoire qui marque les jeunes esprits
"C'est une histoire très émouvante et intéressante à connaître", confie Wassila, 10 ans, dont les grands yeux noirs trahissent une sérieuse implication. Comme tous ses camarades de CM1, cette élève a participé au projet Mémoire, un chantier d'envergure mené en collaboration avec le mémorial de la Shoah. Les animatrices de l'institution sont venues encadrer des ateliers à Nîmes, guidant les enfants dans l'exploration de thèmes complexes comme l'enfant aux deux noms ou le combat de Simone Veil.
Emmanuel Spiegel, adjoint au directeur et maître de CE2/CM1, se réjouit de l'engagement des élèves : "Les animatrices étaient agréablement surprises par l'intérêt et les connaissances démontrées. Ce projet est né l'an dernier, lors de la cérémonie du 80e anniversaire de la Libération, où nos élèves ont lu un poème devant une assemblée presque complète de parents. Ce moment fort a suscité une telle curiosité que nous avons décidé de réitérer l'expérience."
Une immersion historique qui touche au cœur
Les jeunes participants ont été divisés en groupes pour travailler sur différents aspects de la Shoah : l'étoile jaune, la rafle des billets verts, la rafle du Vel d'Hiv, et les camps d'extermination. À partir de photos et de croquis, ils ont imaginé les histoires qu'auraient pu vivre les enfants juifs de l'époque.
"C'était difficile et triste de se mettre à la place de ces enfants qui n'avaient plus de papa et de maman, obligés de se cacher dans des greniers pour survivre. À un moment, c'est comme si c'était nous", expliquent Hatin, Amine et Adam, âgés de 9 et 10 ans. Wassila ajoute : "Heureusement, il y avait les résistants et les Justes, des gens très gentils et courageux qui les ont cachés. Mais tous n'ont pas pu être secourus."
Des œuvres poignantes exposées aux regards
Les visiteurs ont pu découvrir des réalisations artistiques d'une grande sensibilité :
- Des planches retraçant l'histoire de familles juives françaises durant la Shoah
- Un film en stop motion inspiré du journal d'Anne Frank, réalisé avec une maîtrise impressionnante
- Une représentation de danse présentée à Carré d'Art devant des parents conquis
- Un spectacle sur la ségrégation des Noirs, joué toute la semaine dans la cour de l'école
Cette semaine de la Culture, imaginée il y a cinq ans par l'équipe enseignante, vise à ouvrir l'école aux parents et à valoriser le travail de chaque élève. Une maman témoigne : "C'est drôle comme on peut croire qu'ils sont timides à la maison. Quand on les voit sur scène, on les découvre !" L'émotion était palpable devant ces œuvres qui témoignent d'une maturité et d'une empathie rares chez des enfants si jeunes.



