Nîmes : l'éducation, clé pour sauver la jeunesse selon les habitants
Nîmes : l'éducation, clé pour sauver la jeunesse

Jeudi soir, la salle polyvalente du centre socioculturel de Valdegour affichait complet pour l'ultime rencontre de la série "Bonjour Nîmes !", réunissant les habitants et la nouvelle équipe municipale. Les résidents de Puech-du-Teil, Mas de Campagne, Saint-Césaire, Mas Roman, Valdegour, Pissevin, Alouette et Plaine du Vistre se sont installés jusque dans les coursives et sur la scène, comme l'a constaté le maire Vincent Bouget. Ce conseil de quartier Nîmes Ouest-Saint Césaire, "le plus peuplé, le plus étendu, rassemble 1 habitant sur 5", a précisé sa présidente Maya Amer Moussa.

Un cri de détresse et de colère

Vincent Bouget a noté "beaucoup d'énergie qui manifeste beaucoup de souffrance", évoquant "la question de la dignité, de l'égalité, d'être pleinement acteur de la ville. Ce n'est pas supportable d'entendre : quand on arrive en ville, les gens ont peur de nous." Samaouia, une habitante, a lancé : "Nous sommes en détresse." Une maman de Valdegour a déploré sous les applaudissements : "On est abandonné, on est délaissé. On appelle les pompiers, le Samu, ils ne viennent pas. Nos enfants, les entreprises ne les prennent pas. Le logement est insalubre : c'est inacceptable."

Santé, culture et éducation en crise

Un médecin de Pissevin a rappelé qu'il y avait 27 docteurs il y a 25 ans contre seulement 4 aujourd'hui. Aline, de Pissevin, a constaté : "Durant les travaux de rénovation urbaine, les jeunes n'ont pas assez d'endroits pour se retrouver, jouer." Najat, à Saint-Césaire, a pointé l'absence d'associations pour eux. Magali, directrice de l'école Paul-Marcelin, qui a grandi à Pissevin, aimerait que ses "élèves retrouvent la vie que l'on avait : marcher dans les rues, emprunter un livre à la bibliothèque… Il y a plein de ressources sur lesquelles on peut s'appuyer."

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Des solutions pour la jeunesse

Élias, étudiant, a insisté : "Il faut les sortir, leur montrer qu'on peut aller plus loin, créer des points de rencontres et non pas des frontières." Souad, une jeune femme, a souligné : "Les jeunes qui sortent trop tôt de l'école, c'est le nerf de la guerre. Se payer un permis ou un Bafa, c'est très compliqué. Beaucoup ont du mal à trouver une alternance. Il y a besoin d'un accompagnement dès la maternelle." Pour cette maman de Valdegour, "au collège, c'est trop tard. Il y a des jeunes qui ont des parcours extraordinaires, il y a des réussites. Nous sommes le fruit de l'école républicaine. Il n'y a pas ici de lieu de culture. Si on veut sauver la jeunesse, il faut mettre l'accent sur l'éducation."

Un appel à l'action

Une éducatrice spécialisée dans la prévention a résumé : "Toutes les difficultés sont issues de la grande précarité des habitants. Les difficultés scolaires, d'apprentissage, les discriminations… Les classes sont chargées, les jeunes ne trouvent pas de stage. Les services publics, comme la Poste, ferment… Il faut activer tous les leviers pour que Pissevin ne soit plus relégué aux marges de la citoyenneté." Un danseur de Stand Hop a conclu dans un texte poétique : "Il est temps de changer la cadence. D'agir, pas seulement d'en parler."

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