Nîmes confrontée à une canicule historique : fermeture des écoles publiques
La ville de Nîmes a pris la décision exceptionnelle de fermer la quasi-totalité de ses écoles publiques ce lundi 30 juin 2025 en raison d'un épisode caniculaire qualifié d'historique par les autorités locales. Véronique Gardeur-Bancel, adjointe au maire déléguée à l'éducation, revient sur cette mesure radicale et ses implications.
Un épisode de chaleur sans précédent
"On est sur un épisode historique", confie Véronique Gardeur-Bancel. "D'habitude, en juin, on n'a pas tant de jours consécutifs avec une telle chaleur." La décision a été prise après consultation avec le maire et les services éducatifs, malgré un communiqué de la rectrice recommandant de maintenir ouvertes les écoles disposant de points de fraîcheur.
L'adjointe à l'éducation insiste sur la réalité du terrain : "Je connais les écoles. On a régulièrement les équipes éducatives au téléphone. La chaleur s'est emmagasinée dans les bâtiments." Même l'idée d'ouvrir les fenêtres des classes pendant la nuit a été écartée pour des raisons de sécurité et d'inefficacité, l'air nocturne restant trop chaud.
Une fermeture prolongée et des interrogations
La vigilance canicule reste maintenue pour mardi 1er juillet, avec une légère baisse des températures possible seulement à partir de vendredi. Les écoles sont fermées jusqu'à nouvel ordre, et la municipalité évaluera mercredi la possibilité d'ouvrir les accueils de loisirs.
Véronique Gardeur-Bancel souligne que la décision de fermeture est prise conjointement avec l'académie et la préfecture. Seules les écoles Jean d'Ormesson et Léo Rousson, récemment construites avec des matériaux adaptés au changement climatique, pourraient échapper à cette mesure.
Anticipation et adaptation au changement climatique
L'élue nîmoise compare la situation actuelle à l'épisode caniculaire de juin 2019 et appelle à une réflexion collective : "Pourquoi ne pas envisager des horaires des écoles adaptés, en décalé, dans les zones les plus exposées aux fortes chaleurs ?"
Elle critique également le manque d'anticipation : "Ces grosses chaleurs étaient annoncées depuis plusieurs jours. S'il doit y avoir communication, il faudra encore plus anticiper !" Et d'ajouter : "Il est temps maintenant de travailler ensemble car ce genre d'épisode deviendra de moins en moins historique."
Investissements et limites des infrastructures
La ville de Nîmes a pourtant anticipé ces épisodes en construisant de nouveaux bâtiments scolaires équipés de climatisation dans les restaurants scolaires et dortoirs des maternelles. Les réfectoires climatisés servent de zones de refuge, mais toutes les classes ne bénéficient pas de ce confort.
Véronique Gardeur-Bancel évoque les difficultés financières : "La ministre de la Transition écologique nous parle du fond vert. Quand on le demande, on a rarement des sous." Elle réagit enfin aux déclarations présidentielles sur la présence des enfants à l'école jusqu'au 15 juillet : "Quand j'entends le président Macron dire qu'il faut que les enfants restent dans les écoles jusqu'au 15 juillet, je l'attends, moi !"
La municipalité de Nîmes, l'une des villes les plus chaudes de France, se trouve ainsi confrontée aux défis concrets du changement climatique dans la gestion de ses services éducatifs, avec des décisions difficiles qui pourraient devenir plus fréquentes à l'avenir.



