Mérignac : une mobilisation massive contre la suppression de classes au collège Capeyron
Le collège Capeyron de Mérignac, en Gironde, a connu une journée de mobilisation exceptionnelle ce mardi 31 mars. Avec 96% des enseignants en grève, l'établissement s'est couvert de pancartes et banderoles pour protester contre la suppression de moyens annoncée par le rectorat. Cette décision, justifiée par une prétendue baisse démographique, est vivement contestée par la communauté éducative.
Une contradiction flagrante entre les chiffres et la réalité
Damien Gilhodes, professeur d'espagnol et élu au conseil d'administration du collège, souligne l'absurdité de la situation. « On compte aujourd'hui 488 élèves. L'établissement en prévoit 519 en septembre, soit une trentaine de plus. C'est incohérent », explique-t-il. Malgré cette hausse prévue des effectifs, le rectorat annonce la suppression de nombreuses heures d'enseignement, entraînant la fermeture de deux classes en 3e et 5e à la rentrée prochaine.
Des conséquences directes sur les conditions d'apprentissage
Les enseignants alertent sur la dégradation des conditions de travail et d'étude. En 3e et 5e, les effectifs par classe passeront de 25-26 à 31 élèves, sans compter les élèves en dispositif Ulis et leurs accompagnants (AESH), ce qui pourrait porter le nombre à 32-33 par classe. Cette surcharge menace la qualité de l'enseignement et l'accompagnement individualisé des élèves en difficulté.
Une solidarité renforcée entre parents et enseignants
Face à cette situation, les parents d'élèves se mobilisent aux côtés des professeurs. Ils annoncent une opération « collège mort » pour le mercredi suivant, visant à amplifier la protestation. Une audience avec le Dasen de la Gironde est prévue le 30 avril, où les représentants espèrent faire entendre leur voix pour un réexamen des décisions du rectorat.
Cette mobilisation à Mérignac s'inscrit dans un mouvement plus large en Gironde, où plusieurs établissements dénoncent des suppressions de moyens similaires. Les acteurs locaux réclament une politique éducative adaptée à la réalité démographique et aux besoins des élèves, plutôt que des décisions bureaucratiques aveugles.



