Lodévois Larzac : mobilisation pour sauver le poste d'éducateur sportif rural
Mobilisation pour sauver l'éducateur sportif du Lodévois Larzac

Une mobilisation pour préserver l'éducation sportive en milieu rural

Dans le Lodévois Larzac, une vague de soutien s'est manifestée ce vendredi 16 mai lors d'un rassemblement sportif réunissant près de 400 écoliers au Bosc. L'événement, qui clôturait le cycle d'athlétisme, a servi de cadre à une mobilisation collective pour défendre le poste d'Amar Djouahra, éducateur sportif détaché par le Département de l'Hérault depuis trente-quatre ans.

Un poste crucial pour sept écoles rurales

Amar Djouahra intervient régulièrement dans sept établissements scolaires ruraux du territoire, à l'exception de Lodève. "Dites-leur bien qu'on veut le garder !" insistent plusieurs enseignants, sans même avoir besoin de mentionner son nom. Un encadrant ajoute : "C'est fondamental pour nos enfants. Ce poste avait été créé spécifiquement pour assurer l'équité dans les zones rurales, où nous n'avons accès à presque rien."

La situation devient préoccupante depuis que le Département, confronté à d'importantes difficultés financières, a annoncé la suppression de ce poste au 31 août prochain. L'agent serait alors réintégré au sein de la collectivité sur une fonction encore indéterminée.

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Des élus engagés dans la recherche de solutions

Le dossier est désormais entre les mains du président du Conseil Départemental, Kléber Mesquida, qui devra prendre une décision. Il figurait également à l'ordre du jour du bureau des maires de la Communauté de communes Lodévois Larzac ce jeudi 15 mai.

"Il existe une réelle préoccupation des maires sur cette question", confirme Jean-Luc Requi, président de la communauté et maire de Saint-Etienne-de-Gourgas. "Nous sommes en contact étroit avec le Département pour tenter de trouver une solution viable d'ici le 31 août."

Gaëlle Lévêque, conseillère générale et maire de Lodève, abonde dans le même sens : "Malgré un contexte budgétaire complexe, nous restons activement engagés sur ce dossier pour essayer de dégager une issue favorable."

Un projet éducatif qui dépasse le simple sport

Dans un courrier collectif adressé aux élus, l'ensemble des enseignants a souligné l'impact profond de ce poste : "Les premiers affectés seront les enfants, très attachés aux interventions de M. Djouahra. Notre projet d'éducation physique et sportive, qui s'étend de la Grande Section au CM2, va bien au-delà de la pratique sportive. Il crée des liens entre les élèves de toutes les communes, facilite l'intégration de nos CM2 au collège de Lodève, et représente une porte d'entrée vers les écoles de sport des clubs."

Ils ajoutent : "Nos villages étant isolés, son intervention joue un rôle fédérateur essentiel. Elle rassemble toutes les écoles autour d'un projet commun et permet, à chaque fin de cycle, d'organiser une animation dans un village en réunissant enfants, enseignants et parents."

Une incohérence face aux priorités nationales

Lors du rassemblement du 16 mai, petits et grands ont alterné ateliers et jeux autour de l'espace Saint-Martin, complétés par une course d'orientation dans le village. Cet événement illustre concrètement la vitalité apportée par ces interventions.

Les enseignants pointent une contradiction majeure : "À l'heure où le sport est érigé en priorité nationale, retirer aux écoles rurales un personnel formé, qui connaît parfaitement les publics et les enjeux du territoire, nous semble totalement incompréhensible." Ils rappellent également que ces territoires ruraux sont déjà fortement impactés en termes d'accès à la culture, aux piscines, aux complexes sportifs et aux activités diversifiées.

La mobilisation se poursuit donc, avec l'espoir de trouver une solution pérenne avant la date butoir du 31 août, pour préserver ce maillon essentiel de l'éducation et de la cohésion sociale en milieu rural.

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