Gironde : Manifestations contre les fermetures de classes annoncées pour la rentrée scolaire
Manifestations contre les fermetures de classes en Gironde

Gironde : Mobilisation massive contre les fermetures de classes annoncées pour la rentrée 2026

Les fermetures de classes prévues pour la rentrée de septembre 2026 par l'Éducation nationale suscitent une vive opposition de la part des organisations syndicales et des parents d'élèves en Gironde. Le chiffre définitif de ces suppressions, qui pourrait être ajusté en dernière minute, doit être officialisé ce mercredi 1er avril, alimentant les inquiétudes dans le département.

Une manifestation déterminée devant les institutions éducatives

Ce mardi 31 mars, environ 300 personnes, principalement des enseignants et des parents d'élèves, se sont rassemblées devant le rectorat de Bordeaux, en plein centre-ville. Le cortège s'est ensuite dirigé vers la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN), située dans le quartier du Grand-Parc, où se tenait une réunion cruciale concernant l'avenir de plusieurs établissements scolaires de la région.

Les projets de la DSDEN sont particulièrement ambitieux et préoccupants : 148 fermetures de classes dans les écoles maternelles et primaires, ainsi que 28 suppressions de postes dans les collèges et lycées de Gironde sont envisagées pour la rentrée de septembre 2026. Cette annonce a provoqué une mobilisation immédiate et déterminée de la communauté éducative.

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Les revendications des manifestants : défendre l'école rurale et inclusive

Parmi les manifestants, Marie Laprugne, déléguée parent d'élève à l'école de Saint-Sauver-de-Puynormand dans le Libournais, exprime son indignation : « On n'est pas d'accord, on se bat contre ça ! ». Elle détaille la situation dans son établissement : « Chez nous, ils veulent fermer une classe sur quatre, faire trois classes de tous les niveaux. On a bloqué l'école, on est là aujourd'hui. Il y a beaucoup de terrains vendus, de constructions lancées, on a déjà récupéré une dizaine d'enfants pour la rentrée prochaine. »

Les pancartes artisanales, parfois de simples cartons manuscrits, portaient des messages clairs : « Non à la fermeture ! », « Touche pas à ma classe ! » ou encore « Gardons notre classe ». Caroline Corgnet, syndiquée CFDT venue de Saint-Hilaire-de-la-Noaille près de La Réole, alerte sur les conséquences pour la ruralité : « Nos écoles sont toutes touchées, on n'a pas mis le nom de la nôtre car on ne veut pas que ce soit celle d'à côté qui ferme. On est en ruralité, l'école est la seule chose qui reste. On va faire mourir les villages si on ferme les petites écoles et qu'on regroupe tout dans de gros pôles. »

Un choix politique dénoncé par les syndicats et élus

Catherine Dudès, cosecrétaire départementale de la FSU, critique fermement la stratégie du ministère : « Le ministère profite de la baisse des effectifs pour continuer à supprimer des postes. La baisse démographique devrait plutôt permettre d'alléger les effectifs par classes. L'école inclusive, qui n'existait pas il y a vingt ans quand les suppressions de postes ont commencé, se fait vraiment sans moyens. »

Sandrine Vaysse, directrice de l'école de Fontet dans le Sud-Gironde, remet en question les critères utilisés par la DSDEN : « Il faut voir le nombre d'élèves en difficulté, en situation de handicap, ceux qui ont des suivis à l'extérieur, les élèves à besoins particuliers, les familles itinérantes des gens du voyage qui vont et qui viennent, tous ces cas ne sont pas pris en compte. »

Parmi les soutiens politiques présents, le député LFI Loïc Prud'homme, arborant son écharpe tricolore, est venu « apporter [son] soutien face à la catastrophe annoncée ». Il interroge : « La démographie des enfants baisse, n'était-ce pas l'occasion justement de rentrer dans les moyennes européennes, avec des effectifs corrects ? On reste avec des conditions dégradées, c'est un choix politique… »

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Cette mobilisation illustre les tensions croissantes autour de la carte scolaire en Gironde, où les acteurs éducatifs réclament une approche plus nuancée et humaine que la simple logique comptable des effectifs. La décision finale attendue ce mercredi 1er avril déterminera l'ampleur des protestations à venir dans les semaines et mois suivants.