Mobilisation à Sainte-Foy-la-Grande contre la fin des dérogations scolaires
Manifestation contre la fin des dérogations scolaires en Dordogne

Une mobilisation pour défendre l'accès au lycée local

Samedi 28 mars, une importante mobilisation a rassemblé des parents d'élèves et des élus locaux de Dordogne et de Gironde devant le lycée Élisée-Reclus de Sainte-Foy-la-Grande. Les manifestants expriment leur vive inquiétude face à la décision de l'Éducation nationale de mettre fin aux dérogations de sectorisation pour les élèves de troisième de Dordogne.

La fin des dérogations : une rupture d'égalité territoriale

Jusqu'à présent, les élèves des collèges privés et publics de Vélines, Saint-Antoine-de-Breuilh et Port-Sainte-Foy en Dordogne, ainsi que de Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, bénéficiaient de dérogations accordées par les directeurs académiques des services de l'Éducation nationale (Dasen) pour accéder au lycée foyen. Cette pratique, bien que l'autorité de sectorisation dépende de la Région, permettait une certaine souplesse.

Les manifestants font part de leur incompréhension totale suite à la notification des Dasen concernant l'orientation des futurs lycéens de seconde générale. Ces derniers devront désormais se rendre obligatoirement au lycée Maine-de-Biran à Bergerac, leur établissement de secteur désigné.

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Des trajets complexes et coûteux pour les familles

« Le lycée de secteur c'est Bergerac, mais le lycée le plus proche c'est Sainte-Foy, et Bergerac est à 35 km », expliquent Karine et Nathalie, parentes d'élèves. Les Dasen ont refusé toutes les dérogations pour les élèves résidant en Dordogne scolarisés aux collèges Olympe-de-Gouge (Vélines), à Elie-Faure (Port-Sainte-Foy), Anglade (Sainte-Foy) et Saint-Joseph (Saint-Antoine-de-Breuilh).

La mobilisation vise à demander la mise en place d'une double sectorisation, permettant aux élèves de choisir entre les deux établissements. « Nous dénonçons une situation absurde et discriminatoire pour les familles rurales », explique Karine, une autre parente d'élèves de Vélines.

Des conséquences pratiques alarmantes

La situation pose des problèmes concrets majeurs :

  • Aucune ligne de bus ne relie ces secteurs ruraux à Bergerac.
  • Une liaison ferroviaire limitée existe, mais elle est totalement inadaptée aux horaires scolaires.
  • L'internat à Bergerac représente souvent l'unique solution, mais son coût élevé (500 euros par trimestre) et le nombre de places limité excluent de nombreux foyers.

Les distances illustrent l'absurdité de la situation : Vélines à Sainte-Foy-la-Grande représente seulement 10 km, contre 35 km pour Bergerac. Saint-Antoine-de-Breuilh à Sainte-Foy-la-Grande fait 6 km, contre 27 km pour Bergerac.

Risques pour la réussite scolaire

Les parents craignent des conséquences graves sur la scolarité de leurs enfants. « Nous redoutons que des élèves, pourtant aptes à une filière générale, ne se tournent par dépit vers des sections professionnelles locales simplement pour éviter des trajets épuisants », souligne Karine. Cette décision est perçue comme une véritable rupture d'égalité territoriale, pénalisant spécifiquement les familles des zones rurales.

La mobilisation du 28 mars marque le début d'un combat pour préserver l'accès à l'éducation de proximité et défendre le principe d'égalité des chances pour tous les élèves, quel que soit leur lieu de résidence.

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