Des élèves de Nîmes simulent un procès sur la maltraitance infantile au tribunal
Élèves de Nîmes simulent un procès sur maltraitance infantile

Des écoliers nîmois se glissent dans la peau de magistrats pour un procès fictif

Ce mardi 27 mai, la salle civile de la cour d'appel de Nîmes a accueilli un auditoire particulier. Des élèves de CM1 et CM2 de l'école Calandreta Aimat Serre ont investi les lieux pour y tenir un faux procès portant sur un cas grave de maltraitance dans le cadre familial. Cette simulation judiciaire s'inscrivait dans le cadre de la 8e édition de la journée nationale de l'accès au droit.

Revêtus de robes d'avocat et de magistrat, les enfants ont incarné leurs rôles avec un sérieux remarquable. L'audience était présidée par Sonia Vaury, juge des enfants, et Me Audrey Moyal, représentant la bâtonnière de l'ordre des avocats de Nîmes, qui ont encadré cette initiative pédagogique.

Un projet pédagogique ancré dans la réalité judiciaire

Le thème central de cette simulation était "le droit d'avoir une famille, d'être aimé et bien éduqué", comme l'a souligné Corinne Lheritier, l'enseignante de la classe. Ce projet trouve son origine dans un travail réalisé en novembre dernier à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant.

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"C'est un projet que l'on a initialement réalisé en classe avec Mélody Marcou, l'animatrice BCD. Nous avions créé trois petites scènes sous forme de pièce de théâtre", explique l'enseignante. "Le tribunal a eu écho de cette initiative et nous a sollicités. Les enfants sont très fiers de jouer dans ce décor-là."

Un cas fictif aux résonances réelles

Pendant près d'une heure, les jeunes magistrats et avocats ont débattu d'un dossier particulièrement poignant. L'affaire portait sur le mauvais traitement d'une petite fille, contrainte de dormir dans une niche, de manger des croquettes et régulièrement battue.

"C'est un sujet fort, mais ils ne s'identifient pas forcément à l'histoire. Après, ils savent que ça existe, et ils mesurent la chance qu'ils ont", précise Corinne Lheritier. Cette distance émotionnelle a permis aux enfants d'aborder le sujet avec maturité tout en prenant conscience de réalités sociales difficiles.

Un délibéré improvisé pour plus d'authenticité

Les apprentis présidents, juges et avocats ont successivement pris la parole, interrogeant à la fois les deux accusés et les parties civiles. Ces dernières étaient accompagnées de Rancho, le chien d'assistance juridique, ajoutant une touche de réalisme à la procédure.

Particularité notable : le verdict n'était pas prédéterminé. "Cela va dépendre des éléments soulevés", avait prévenu l'enseignante. Après délibération, la jeune présidente et ses assesseurs ont rendu leur jugement :

  • Trois ans de prison pour les parents
  • 20 000 euros d'amende
  • Obligation d'un suivi sociojudiciaire
  • Placement des enfants

Une initiative qui marque les esprits

Cette simulation judiciaire a constitué le point d'orgue de la 8e édition de la Journée nationale de l'accès au droit dans le Gard. Elle a permis aux élèves de découvrir concrètement le fonctionnement de la justice tout en réfléchissant aux droits fondamentaux des enfants.

L'expérience a démontré comment l'éducation à la citoyenneté peut prendre des formes concrètes et engageantes. Les enfants ont non seulement appris des notions juridiques de base, mais ont également développé leur esprit critique et leur capacité à argumenter sur des questions sociétales importantes.

Cette initiative pédagogique originale montre comment les institutions judiciaires peuvent s'ouvrir à la jeunesse pour transmettre des valeurs fondamentales tout en démystifiant le monde de la justice.

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