Élian Potier, ambassadeur anti-harcèlement, éclaire les collégiens de Mugron
Jeudi 26 février 2026, Élian Potier, ambassadeur national de la lutte contre le harcèlement à l'école, a investi les salles de classe du collège René-Soubaigné à Mugron. Toute la journée, il a échangé avec les élèves de sixième et cinquième, partageant son vécu personnel et des messages clés pour prévenir les violences scolaires. Prévenir, alerter, écouter et sensibiliser : tels sont les piliers qu'il a martelés devant un auditoire attentif.
Un témoignage poignant face à des élèves captivés
Lors de sa dernière intervention de la journée, les 22 élèves d'une classe de sixième ont écouté avec une concentration remarquable le jeune Parisien de 23 ans. « Si je suis devant vous aujourd'hui, c'est parce que j'ai été confronté au harcèlement », a-t-il déclaré, brisant le silence. Il a raconté comment sa dyslexie a été source de moqueries, d'insultes et d'humiliations répétées durant son année de troisième « prépa-métier », une filière professionnelle en lycée.
Un silence de plomb a suivi, rapidement rompu par une multitude de mains levées. Les questions ont fusé, témoignant de l'engagement des collégiens : « Les personnes qui vous embêtaient avaient-elles conscience qu'elles vous faisaient du mal ? » a demandé un élève. Un autre a enchaîné : « Elles ne vous ont jamais dit pardon ? » Ces échanges ont mis en lumière la maturité des jeunes face à ce sujet sensible.
Une prévention déjà bien ancrée à Mugron
La sensibilisation des Mugronnais ne doit rien au hasard. Depuis le début de l'année, l'équipe pédagogique a mené un travail approfondi. Les élèves ont réalisé des productions audiovisuelles pour dire « non au harcèlement ». De plus, l'établissement compte onze élèves ambassadeurs formés dans le cadre du dispositif pHARe, mis en place par l'Éducation nationale en 2021 pour combattre ce fléau.
Christophe Blanc, principal du collège et membre de pHARe, souligne l'importance d'étendre la prévention aux parents. « Nous pensons faire des formations informelles pour eux, en mobilisant la banda du collège par exemple », explique-t-il. Il déplore que seuls les mêmes parents assistent aux réunions organisées, alors que leur rôle est crucial pour détecter des signaux, même ténus, chez leurs enfants.
Élian Potier abonde dans ce sens : « Le plus gros des chantiers est de faire de la prévention à destination des parents. Beaucoup d'entre eux ont peur que leur enfant soit victime, mais peu se demandent s'il pourrait être auteur de harcèlement. »
La parole libératrice et le rôle des témoins
L'ambassadeur a révélé qu'il s'était confié à ses parents concernant le harcèlement subi. « J'ai fini par craquer et par leur raconter tout ce qu'il se passait à l'école », a-t-il partagé, insistant sur la solution fondamentale : parler. Il a aussi mis en avant le rôle clé des témoins, qui peuvent dénoncer une situation de harcèlement.
Il a rappelé l'existence du numéro de téléphone 3018, disponible pour les victimes et témoins. Les collégiens ont immédiatement réagi : « On l'a appelé pour faire un test avec notre professeure ! » ont-ils annoncé en chœur, montrant leur familiarité avec cette ressource.
Pour pérenniser leur engagement, les élèves de Mugron prévoient de construire un phare – en référence au programme national pHARe – dans la cour de l'école. Ce projet symbolique vise à éclairer durablement le sujet du harcèlement scolaire, assurant que la lumière de la prévention continue de briller.



